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L’Europe produit toujours plus de lait malgré la baisse des prix

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FranceAgriMer et l’Institut de l’élevage constatent que la collecte laitière mondiale progresse toujours du fait de la production européenne, tirant les prix mondiaux vers le bas.

La collecte mondiale de lait est toujours tirée à la hausse par l’Union européenne en ce début d’année et cela malgré les replis constatés en Océanie, selon les chiffres de FranceAgriMer du 9 juin. Entre avril 2016 et avril 2015, la collecte mondiale progresse de 2,8 % (+1,96 million de tonnes) avec +1,4 % en Argentine, +1,2 % aux États-Unis, -2,7 % en Australie et -2,5 % en Nouvelle-Zélande. Cumulée sur quatre mois, elle reste toujours en progression et cela malgré la baisse de collecte observée dans certains pays : -8,3 % en Argentine, -3,9 % en Australie et -0,9 % en Nouvelle-Zélande. L’Union européenne, toujours en forme, affiche une hausse de sa collecte de 5,9 % au premier trimestre 2016. Au niveau européen, la médaille revient à l’Irlande qui produit 31,6 % de plus au premier trimestre 2016 par rapport à celui de 2015. Puis arrive la Belgique (+19,9 %) à la deuxième place et les Pays-Bas (+16,6 %). Suivent la Pologne (+8,6 %), le Danemark (+7,6 %), l’Allemagne (+5,7 %), l’Italie (+2,1 %), le Royaume-Uni (+1,2 %) et la France (+0,7 %). Et en parallèle, plus la collecte augmente, plus les prix baissent : -63,60 € soit -20,3 % pour l’Irlande, -34,80 € soit -10,2 % pour le Royaume-Uni, -29,20 € soit -9,6 % pour l’Allemagne et -21,80 € soit -6,5 % pour la France (-26,90 € soit -8,4 % pour l’Union européenne).

Le printemps, un pic de production

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Christophe Perrot, chargé de mission à l’Institut de l’élevage, le 14 juin lors d’un colloque organisé par la Confédération paysanne et intitulé « Crise laitière : un modèle laitier à repenser pour les producteurs ! », estime que « les prix internationaux semblent se stabiliser à un niveau très bas, notamment en Nouvelle-Zélande » et cela possiblement aussi « grâce à l’intervention sur le marché de l’UE ». La production semble également se stabiliser à haut niveau dans certains pays d’Europe. « Certains analystes voient le prix réaugmenter dès maintenant et le marché se rééquilibrer au cours de 2016 », constate-t-il. FranceAgriMer observe également que « les ventes de beurre et de fromage sont plus dynamiques, tirées par l’Union européenne et l’Océanie », sur le premier trimestre. Ainsi les exportations de l’UE en beurre ont progressé de 45,6 % et celles de fromage de 14,2 %. « Il subsiste cependant un important déséquilibre sur le marché des poudres dont les fabrications explosent, ce qui conduit à un recours massif au stockage », analyse FranceAgriMer. De la poudre de lait qu’il faudra bientôt remettre sur le marché au risque de pérenniser la baisse des prix.