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Pac « L’Europe s’occupe de petites fleurs et d’oiseaux ! »

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« L’Europe s’occupe de petites fleurs et d’oiseaux », a lancé, provocateur, Henri Nallet, ancien ministre de l’Agriculture, qui participait avec d’autres de ses collègues ex-ministres (François Guillaume, Michel Cointat, Jean-Pierre Soisson) à un grand débat dans le cadre du cinquantenaire de l’Afja (Association française des journalistes agricoles), le 8 décembre. « La Pac est la seule politique commune qui restera », prédit Henri Nallet.

« Quand on était six dans l’Europe, on avait une idée de ce qu’on voulait faire. Là, à 25, c’est un bras d’honneur !», résume, volontiers provocateur, l’ancien ministre de l’Agriculture Henri Nallet. Ce dernier regrette que la France soit « toujours sur la défensive » au niveau des instances européennes et ne soit pas dans le débat. « Edgar Pisani a raison, on va à la catastrophe : l’Europe s’occupe de petites fleurs et d’oiseaux», résume Henri Nallet.

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OMC : une « escroquerie intellectuelle »

Même constat pessimiste de la part de Guy Legras, ancien directeur de la DG agriculture à la Commission européenne : au niveau de la négociation à l’OMC, si on n’identifie pas clairement les vrais enjeux de cette « escroquerie intellectuelle, on va à la catastrophe », souligne-t-il. Ce qui se dessine, explique-t-il, est l’élimination des subventions à l’export qui forcerait l’Union européenne à ouvrir ses marchés au profit du Brésil, de la Nouvelle Zélande. « Les pays en voie de développement n’y gagneront pas un kopeck ! » Cette stratégie consiste à aider le Brésil à devenir la première puissance agricole. Pour François Guillaume, « un agriculteur qui se limiterait seulement à la production de matière première aurait de plus grandes difficultés à vivre ». Il n’empêche que la Pac « est la seule politique commune qui restera», prédit un Henri Nallet plus optimiste. « Une forme d’éternel retour», résume Michel Cointat.