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L’évaluation des substances s’invite à la présidentielle

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A quelques jours d'intervale, plusieurs ONG ont demandé aux candidats une « réelle stratégie de sortie des pesticides », tandis que la Commission de déontologie en santé publique (CNDaspe) plaidait pour une révision de la procédure de réhomologation du glyphosate.

Emmenées par Générations Futures, une vingtaine d’ONG dont Greenpeace, l’Unaf, Ingénieurs sans frontières ou encore Collectif Victime Pesticides ont dévoilé le 17 janvier leurs dix propositions « pour un quinquennat réussi au sujet des produits chimiques dangereux ». Parmi ces mesures, les associations demandent « une réelle stratégie de sortie des pesticides basée sur le changement des systèmes de production », assortie d’une interdiction définitive du glyphosate, des SDHI et des néonicotinoïdes.

Autre revendication : des mesures de sécurité « efficaces pour les riverains et travailleurs exposés aux pesticides », comprenant des zones de non-traitement (ZNT) de 100 m, ainsi que la mise à disposition d’une information « complète » sur les épandages, via une application. Recommandant la révision de la déclinaison française de la future Pac dans le but de soutenir « réellement l’agriculture biologique », les ONG défendent enfin « une révision du système des évaluations et homologation des substances » avec une prise en compte des effets cocktails.

Examiner les « liens d’intérêt »

Cette demande fait écho à un avis publié le 10 janvier par la Commission de déontologie et alertes en santé publique et environnement (CNDaspe). Un document dans lequel les experts suggèrent au gouvernement français de demander deux évaluations supplémentaires dédiées à la déontologie dans le cadre du processus de ré-homologation du glyphosate. Actuellement présidente du Conseil de l’UE, la France devrait ainsi plaider pour un panel d’expert indépendants chargé d’examiner les « liens d’intérêt de chacun des experts membres des comités qui ont participé au pré-rapport d’évaluation des États rapporteurs », proposent les experts.

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De même, concluent les auteurs, Paris devrait demander à la commission qu’« une analyse critique » sur le pré-rapport soit conduite par des spécialistes internationaux « spécialistes en toxicologie en matière de cancer, de génotoxicité, de reprotoxicité et de perturbation endocrinienne ». Autant d’experts qui ne devront pas posséder des intérêts « vis-à-vis de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques et de leurs substances actives », précise la CNDASPE dans son avis.

Ces remarques ont d'ailleurs été appuyées par Générations Futures dans un communiqué du 19 janvier. «Il est nécessaire d’augmenter la confiance des citoyens en l’expertise menée au niveau européen par les 4 états membres», estime l'association.

Les ONG demandent des zones de non-traitement (ZNT) de 100 m