Le site historique d’AgroParisTech sera finalement vendu à Altarea, premier développeur immobilier français. Une décision dénoncée par des élus locaux et la profession agricole.
« Le groupement porté par Altarea vient d’être désigné par l’État lauréat de l’appel à projet lancé pour l’avenir du Domaine de Grignon », annonce le groupe de développement immobilier dans un communiqué le 11 août. Alors que l’école AgroParisTech va déménager sur le plateau de Saclay, Altarea compte faire de son site historique de Grignon « un lieu d’exception aux multiples usages ». Le projet du premier développeur immobilier français prévoit des habitations, une « réhabilitation du château en un campus de séminaires », un « pôle de développement économique tourné vers l’agriculture et l’alimentation durable », ainsi qu’un important volet touristique. Le promoteur promet de « protéger [les] 275 hectares d’espaces naturels » du site et de poursuivre « l’exploitation des terres agricoles par la Ferme de Grignon ».
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« Nous serons à l’écoute de l’ensemble des acteurs du territoire yvelinois », insiste Olivier Bucaille, le président d’Altarea Cogedim Développement urbain, cité dans le communiqué. Une bonne volonté affichée qui ne suffit à rassurer ses détracteurs. Le projet d’Altarea va « détruire deux siècles d’histoire et d’actifs scientifiques d’une valeur inestimable », estime ainsi l’association d’anciens élèves Grignon 2000 dans un communiqué. Porteuse du projet alternatif Grignon 2026 avec la Communauté de communes Cœur d’Yvelines, elle dénonce un choix « scandaleux », qui « va contre l’avis même des élus du territoire ». De son côté, la sénatrice des Yvelines Sophie Primas (LR) a indiqué sur Twitter demander « le réexamen du dossier en transparence et concertation ». Quant à Nadine Gohard, maire (sans étiquette) de Thierval-Grignon, elle souligne que le projet d’Altarea « suppose de changer le PLU ». « Je ne le ferai pas », a-t-elle assuré à l’AFP. Le projet de cession était également combattu par des étudiants d’AgroParisTech, qui ont bloqué l’école du 16 mars au 6 avril (1).
De leur côté, les syndicats majoritaires (FRSEA, JA) et la chambre d’agriculture de région Île-de-France ont exprimé leurs inquiétudes dans un communiqué du 19 août. Les professionnels demandent « la vigilance de l’État et la concertation impérative de la profession lors du projet agricole ». « Tant que nous n’aurons pas d’informations sur le devenir des terres agricoles et de la forêt, nous envisagerons de réagir à cette cession par tous moyens légaux », menacent-ils : « Les terres agricoles ne partiront pas à la découpe ».