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L’exosquelette de Japet vise l’industrie agroalimentaire

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L'exosquelette de Japet est utilisé par des opérateurs du secteur agroalimentaire. Crédits : © Japet

La start-up Japet Medical a mis au point un dispositif médical motorisé pour soulager ou prévenir la lombalgie chez les opérateurs devant soulever des charges lourdes, effectuer des mouvements répétitifs ou adopter des positions contraignantes. Une levée de fonds participative est en préparation.

Les troubles musculosquelettiques (TMS), et notamment la lombalgie, ne sont pas une fatalité pour tous ceux qui réalisent des travaux physiques dans le cadre de leur activité professionnelle. Partant de ce constat, les fondateurs de la start-up Japet Medical basée à Loos, près de Lille, ont mis au point un exosquelette sous la forme d’une ceinture lombalgique d’un nouveau genre. « Notre exosquelette Japet.W est équipé de deux paires de micro-moteurs électriques intelligents qui soulagent les lombaires lors des efforts et accompagnent les mouvements de l’opérateur », explique Damien Bratic, directeur des opérations et cofondateur de Japet Medical. L’opérateur peut activer lui-même le dispositif à l’aide d’un bouton poussoir.

Selon la société, les avantages sont multiples en prévenant la lombalgie, en réduisant les douleurs, et en permettant aussi aux opérateurs qui le souhaitent de conserver leur poste de travail plus longtemps. De nombreuses industries sont concernées par ces pathologies, et en particulier l’agroalimentaire, où les postes de travail en entrée et en sortie de ligne de production sont exposés à des TMS. « L’exosquelette est un dispositif très versatile en s’adaptant aux positions lors de mouvements répétitifs, de ports de charges lourdes ou de postures contraignantes, lorsqu’on doit être penché en avant par exemple », détaille Damien Bratic.

500 exemplaires déjà commercialisés

Pour mettre au point ce dispositif, la start-up a mené 5 ans de travaux de R&D, avec le concours de ses trois dirigeants fondateurs, Antoine Noël, PDG, Damien Bratic, directeur des opérations – tous deux ingénieurs de l’Ecole centrale de Lille, et Amélie Blondeaux, directrice du design. Une période qui a permis de déposer 6 brevets et de positionner l’exosquelette dès le départ comme un dispositif médical, développé avec le concours de médecins. Le lancement commercial a débuté en 2019, et depuis cette date pas moins de 500 exemplaires de Japet.W ont été vendus. « Nous avons d’abord proposé notre exosquelette à des hôpitaux et des centres de rééducation, avant de nous orienter vers le monde du travail où nous pouvons avoir une action préventive », ajoute Damien Bratic. Le traiteur Pierre Martinet, le chocolatier Monbana, le charcutier Herta ou encore le fromager Savencia font parie des utilisateurs de Japet.W.

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La société, qui ne communique pas sur ses résultats pour l’instant, projette une levée de fonds sur la plateforme de financement participative Tudigo pour un montant de 1 million d'euros, afin d’alimenter le développement de la société, et notamment renforcer son outil de production (la fabrication est réalisée en interne), déployer ses forces commerciales, exporter vers l'Allemagne et nourrir la R&D pour mettre au point d’autres dispositifs, notamment pour le grand public. « Nos équipes scientifiques et R&D développent une solution nommée Japet.C pour restaurer l’équilibre de votre corps et libérer vos capacités », indique la société. Japet compte déjà à son capital les fonds Sosv, Finovam, Boundary Holding et Cap 20-25, entrés à l’occasion de deux levées de fonds pour un montant cumulé de 5 millions d’euros.