FranceAgriMer a signalé le 13 octobre des exportations de blé tendre à l’international réduites de 30 % entre juillet et septembre par rapport à la même période l’an dernier. Une conséquence de la moisson catastrophique.
« Les embarquements sur trois mois vers les pays tiers représentent 1,5 million de tonnes seulement, a noté la chef de l’unité grandes cultures Olivia Le Lamer. Cela montre un recul de 30 %, relativement attendu. » L’évolution s’amplifie de mois en mois, notamment vers le Maghreb. Si bien qu’en comparaison du volume prévu sur la campagne, « un tiers a été exporté contre un sixième l’an dernier », a souligné le président du conseil spécialisé céréales Rémi Haquin : « Il n’y a pas la marchandise pour vendre autant qu’en 2015-16 ». FranceAgriMer maintient son estimation de 4,7 millions de tonnes d’export de blé tendre vers les pays tiers en 2016-17 (contre 12,6 millions de tonnes l’an dernier), avec une production de 28 millions de tonnes (contre 40,9 millions de tonnes).
Première destination touchée, l’Algérie affiche 601 000 tonnes (-34 %). « L’Afrique subsaharienne n’est pas épargnée par la baisse du disponible exportable (origine France), particulièrement sur certains segments de qualité », a indiqué Olivia Le Lamer : ce débouché tombe à 476 000 tonnes de blé tendre (-26 %). Plus anecdotique, les États-Unis font leur apparition avec 121 000 tonnes de type fourrager « très probablement ». L’export vers ce pays demeure « rare » et « témoigne de l’impact de la météo sur la qualité » de la récolte française, a-t-elle déclaré, relevant qu’un tel volume sur trois mois constitue un record.
L’orge repasse à l’ordinaire
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Autre céréale en berne à l’export, l’orge. Le cumul des embarquements vers les pays tiers depuis les ports français atteint 0,6 million de tonnes entre juillet et septembre, soit -68 % par rapport à la même période l’an dernier. Une évolution là encore anticipée, en lien avec le changement de politique d’importation de la Chine. FranceAgriMer observe une montée de destinations alternatives comme le Maroc, à 58 000 tonnes sur trois mois (le triple de l’an dernier à pareille époque), qui ne compense le retrait de l’empire du Milieu. L’établissement public table sur des exportations à l’international de 1,6 million de tonnes (contre 1,9 million de tonnes prévu le mois dernier). « On revient à un chiffre classique d’export d’orge vers les pays tiers », a considéré Olivia Le Lamer. Un autre poste du bilan FranceAgriMer varie notablement, celui de l’utilisation par les fabricants d’aliments du bétail corrigé à 1,3 million de tonnes (contre 1,4 million de tonnes prévu en septembre) : les industriels ont récemment communiqué sur une « baisse sans précédent » de leur activité en aliments composés, a-t-elle signalé.
« Il n’y a pas la marchandise pour vendre autant qu’en 2015-16 », souligne FranceAgriMer