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Coopération agricole A l’exportation, la taille des coopératives compte, mais pas seulement

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Lors d’une conférence organisée par Coop de France et le journal Les Echos, le 28 septembre à Paris, et intitulée « Coopératives agricoles, concilier ancrage territorial et développement économique à l’international » des spécialistes du secteur ont exposé les stratégies gagnantes pour exporter. Différents leviers d’amélioration de la robustesse économique des coopératives agricoles ont été présentés.

«La France doit se tourner davantage vers les exportations en agriculture », a déclaré Pierre Lellouche, secrétaire d’état chargé du Commerce extérieur, lors d’une conférence organisée par Coop de France et le journal Les Echos, le 28 septembre à Paris. Selon lui, il faudrait créer des coopératives d’exportation par filière ou par région. Ce sur quoi le rejoint Philippe Mangin, président de Coop de France, qui qualifie cette idée « d’intéressante ».

Des secteurs agricoles encore trop atomisés
« Il faut renforcer l’organisation des filières, certains secteurs sont trop atomisés pour gagner des parts de marché sur l’Union européenne ou au niveau mondial », a expliqué Philippe Mangin. D’après lui, cela passe par l’atteinte d’une taille critique des coopératives agricoles et implique que ces entreprises n’arrivent pas en ordre dispersé sur les marchés extérieurs. Et la hausse des fusions-acquisitions entre les coopératives montre que le virage stratégique de l’agrandissement est en marche. C’est d’ailleurs ce qu’a montré Erwan Colder, associé de PWC, une société d’audit et de conseil pour les entreprises. Selon lui, il y aurait eu 90 opérations de fusion acquisition impliquant des coopératives agricoles en 2009, dont 57 entre coopératives et 33 avec des groupes privés. La tendance reste soutenue avec 87 opérations de ce type en 2010. Ainsi, sur le top 20 des plus importantes coopératives européennes, en termes de chiffre d’affaires, huit sont françaises. Cependant, les cinq premières sont situées dans des pays du nord de l’Europe, a signalé Erwan Colder. Il explique que ceci est lié au fait que ces structures étrangères aient atteint des tailles suffisantes. Selon lui, les coopératives françaises sont en phase de consolidation pour faire face aux concurrents européens.

Une gouvernance adaptée à la gestion de la volatilité
Pour gérer la volatilité, facteur clef du développent des coopératives, la gouvernance est capitale. Ainsi, Alain Lefloch, directeur général de Champagne céréales, a expliqué la stratégie de sa coopérative basée sur une gouvernance rigoureuse afin de gérer les risques de prix. « Nous avons mis en place un comité des audits pour évaluer comment la volatilité est gérée dans les entités de Champagne céréales », a indiqué Alain Lefloch. De plus, un comité « marchés financiers » a aussi été mis en place pour faire face aux appels de marges, liés aux opérations de couverture. Un comité « risque » existe aussi au sein de Champagne céréales pour gérer la volatilité grâce à des experts équipés d’outils d’information performants. Cette gouvernance permet à la coopérative d’avoir une réflexion sur son mode de gestion de trésorerie afin de faire face aux risques de cours. « Une gestion qui comporte deux aspects, un défensif, qui consiste à pérenniser le revenu des agriculteurs et les outils industriels, et un offensif, qui consiste à tirer profit de la volatilité en proposant des outils de gestions du risque », a expliqué Alain Lefloch. Enfin, il a souligné que « si la taille peut aider au développement des coopératives, le point de départ est la gouvernance, car si elle n’est pas claire, le management ne suivra pas ». Selon lui, les coopératives sont de formidables outils pour entreprendre qui ont cependant leurs limites, à savoir les moyens financiers et les ressources humaines, mais les choses changent.

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