Quelles que soient les échéances, on s’aperçoit que l’Europe se trouve face à un choix simple à l’égard de l’agriculture en général, comme de l’élevage bovin en particulier. L’OMC ? Il s’agit de décider si l’on garde ou non une économie agricole plutôt protégée avec un encouragement de la production locale. Les négociations bilatérales avec le Mercosur notamment ? La question posée est d’accepter ou non des importations considérables de viande bovine argentine ou brésilienne. Le bilan de santé de la Pac pour 2008 ? Le couplage des aides Pac aura-t-il encore droit de cité ? Autrement dit, donnera-t-on encore des aides en fonction des quantités produites de manière à encourager les éleveurs à produire plus ? C’est donc bien à chaque fois le même choix de société qui se trouve posé : soit garder le statu quo auquel les éleveurs sont évidemment attachés ; soit adopter un modèle de type « ovin » c’est-à-dire un marché approvisionné par les pays qui ont des structures de production, des modèles sociaux et une géographie qui les rendent plus compétitifs que nous.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Il faut bien reconnaître que les deux hypothèses peuvent se justifier. Prenons du recul : laisser les pays émergents nous approvisionner permettrait d’obtenir des contreparties pour exporter nos services et notre industrie. C’est bien ce qui tente l’Allemagne qui, pays industriel et présidant l’UE pour six mois, voudrait obtenir un accord à l’OMC. Mais serait-on gagnant à l’aune de l’obsession européenne actuelle : l’emploi ? Ce n’est pas sûr. On sait à coup sûr ce qu’on perdrait : des milliers d’emplois dans l’agriculture et l’agroalimentaire. Des emplois qu’on ne serait pas certains de voir compensés par ceux qui naîtraient d’un surcroît espéré d’exportation.