Pour mettre en place une filière de production de colza mieux valorisés, la Tricherie, une petite coopérative de la Vienne, a signé un accord avec Cargill et McDonald’s. À la clé, un exemple de filière de production d’huile à haute qualité nutritionnelle, qui après son utilisation dans des restaurants McDonald’s, est transformée en biodiesel.
Belle histoire que ce partenariat entre une petite coopérative de Poitou-Charentes, le triturateur Cargill, le restaurateur McDonald’s et la société Sud Récup, pour la récupération des huiles alimentaires usagées, qu’a montré une journée organisée par l’Association française des journalistes agricoles (AFJA) le 28 avril.
Un axe nutrition-santé
Oléagineux alimentaire ou oléagineux non alimentaire ? La coopérative de la Tricherie, basée à Beaumont, dans la Vienne, 15 millions d’euros de chiffre d’affaires et 60 000 tonnes de collecte de grains, s’est posé la question. Mais elle a opté en 2004 pour l’axe alimentaire. Elle a fait le choix de la montée en gamme de ses graines oléagineuses, pour l’alimentaire, et s’est lancée dans la production de colza oléique.
La richesse en acide oléique confère à l’huile de ce colza des qualités nutritionnelles supérieures aux huiles standards. Avec l’huile de colza oléique, le taux d’acides gras trans tombe au-dessous des 2 % recommandés par l’Agence française de sécurité des aliments.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La coopérative a passé contrat avec ses adhérents tandis que son client, le triturateur Cargill, a signé avec le restaurateur McDonald’s. Le projet était de créer une filière de colza oléique pour approvisionner McDonald’s dont l’huile de friture titrait jusqu’alors 12 % de taux d’acides gras trans. La Tricherie a démarré la récolte de colza oléique en 2005 avec 105 hectares et poursuit en 2008 avec 1 420 hectares.
Les développements de l’huile alimentaire usagée
Au bout de la chaîne et après utilisation, McDonald’s envoie son huile usagée en Allemagne, où la réglementation autorise, contrairement à la France, l’estérification des huiles alimentaires après utilisation. Le restaurateur a passé un contrat avec la société toulousaine Sud Récup’, qui collecte 12 500 tonnes d’huile de friture en France. McDonald’s a équipé 780 de ses 1 109 restaurants de systèmes de pompes qui aspirent directement l’huile usagée des bacs de friture. Cette nouvelle logistique remplace le chargement de fûts, et les moindres coûts qui en résultent laissent espérer aux deux entreprises un développement du recyclage.
Les prochains développements de l’huile alimentaire usagée pourraient bien maintenant être portés au plan politique, les professionnels du recyclage espérant la faire admettre dans la liste des matières premières allégées fiscalement, comme les huiles vierges destinées à l’estérification.