À l’occasion d’un colloque le 10 décembre sur le sujet, le tout jeune IAD (Institut d’agriculture durable) a présenté le principe d’une série d’indicateurs d’agriculture durable et d’une charte présentée à la signature d’organisations agricoles et de grandes coopératives. L’objectif est de pouvoir contribuer au développement d’exploitations qui combinent ensemble la compétitivité et la durabilité de leur activité.
Ce n’est pas un hasard si le premier indicateur présenté par l’IAD, sur la base d’un important travail réalisé par la société de veille économique CEIS, concerne la « viabilité économique » de l’exploitation. L’indicateur, pour cela, prend en compte l’ensemble de ses charges et de ses dépenses en fonction des caractéristiques de production. C’est donc une démarche économique avant tout. Le deuxième indicateur porte sur l’efficacité énergétique. L’exploitation doit réduire au maximum le recours à des ressources énergétiques non renouvelables. C’est un objectif de coût et d’indépendance qui est, dans ce cas, recherché.
Faire évoluer les sols
Le troisième indicateur concerne les émissions des gaz à effet de serre (GES). Selon IAD, « il incite à raisonner les pratiques agricoles fortement émettrices de GES et contribuer à faire évoluer les sols vers un puits de carbone ». Ce sont ensuite les intrants qui sont concernés par le quatrième indicateur : utilisation de l’eau, de la fertilisation azotée et des produits phytosanitaires. Le cinquième indicateur concerne l’utilisation du sol avec comme objectif le maintien de zones naturelles et semi-naturelles (bosquets, haies, zones humides). Il mesure le degré d’utilisation de telle ou telle technique de travail du sol, depuis le labour jusqu’au semis sous couvert végétal en passant par les techniques culturales simplifiées et le semis direct.
D’autres indicateurs concernent aussi le sol, mesurant le pourcentage de jours de sol nu ainsi que l’état de la matière organique de l’exploitation. La qualité de l’eau, mesurée à l’échelle nationale ou régionale, de même que la biodiversité (STOC : suivi temporel des oiseaux communs ; abondance des communautés de papillons) complètent ces indicateurs.
Une fois ce programme élaboré, IAD fera de 2009 une année de tests sur les fermes de son réseau. Un retour d’expérience devrait être réalisé lors des 2e rencontres de l’agriculture durable. Entre-temps, la charte de l’IAD aura été proposée à la signature. Les signataires s’engagent notamment à « entrer dans une démarche d’agriculture durable au sein de leur entreprise et de » piloter un plan d’actions permettant d’intégrer ces principes au cœur de leur activité.