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Production bovine Liban, Turquie, Maroc, Algérie..., un marché de l’export qui soutient les prix

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Liban, Turquie, Maroc, Tunisie, Algérie... les pays tiers importateurs de viandes bovines et d’animaux français sont légions ces derniers temps. Avec la hausse du cours des céréales et la nécessité de tenir les prix à la production, ces exportations sont une aubaine pour les éleveurs. Depuis septembre, elles soutiennent les prix mais pour combien de temps ?...

En broutards comme en taurillons, le marché export est une solution efficace pour caser ses animaux, surtout dans un contexte de crise pour les éleveurs. Liban, Turquie, Maroc, Italie... les pays sont nombreux à s’approvisionner en France. D’autant plus que « la baisse de l’euro face au dollar et au réal brésilien et la hausse du prix de la viande au Brésil ont rendu le taurillon français compétitif », note l’Institut de l’Elevage dans la lettre Tendances Lait et viande de décembre. En taurillon donc, le Liban fait la joie des exportateurs français de vif depuis plusieurs mois déjà, explique Philippe Chotteau, chef du département économie de l’Institut de l’élevage. Les douanes libanaises affichent 23 000 tonnes de vif français importées sur les 11 premiers mois de 2010 alors qu’en 2009, seules 5 000 tonnes étaient importées. Selon Philippe Chotteau, les bouchers libanais s’approvisionnent essentiellement en vif car ils contrôlent ainsi l’abattage. La grande distribution, moins puissante, achète du désossé que les importations brésiliennes continuent d’approvisionner mais en moindre quantité (-20% en 2010 semble-t-il). À ce jour, le Brésil a clairement perdu des parts de marché sur ces deux catégories, mais surtout sur le vif. Peu compétitifs et sans doute en piteux état après 3 à 4 semaines de mer, les taurillons brésiliens ont laissé la place au français. Ils partent actuellement vers le Venezuela, plus proche, et qui a dû trouver d’autres fournisseurs après l’embargo sur ses fournitures en Colombie.

Des Libanais, importateurs de jeunes bovins en vif

« Les Libanais sont très consommateurs de viandes, peu de porc mais beaucoup de mouton et de bœuf », relève Philippe Chotteau. Pour eux, seul le mâle est signe de qualité, la vache laitière de réforme ne vient pas concurrencer le taurillon. La position géographique de la France, bordée par la Méditerranée, la favorise sur ce marché du vif par rapport à l’Allemagne. Par contre, l’Allemagne a pris position très rapidement, avec la Pologne, sur le marché turc. « Favorisée peut-être par sa proximité culturelle et commerciale avec la Turquie », selon l’Institut de l’élevage, elle a su faciliter les exportations. Ainsi, si en 2009, l’Allemagne a exporté 7 tonnes équivalents carcasse (tec), rien qu’en octobre 2010, 2 600 tec ont été exportées. La France est restée longtemps bloquée du fait d’handicapants certificats sanitaires. Les statistiques turques indiquent des importations de viande bovine de 58 millions d’euros pour le seul mois de novembre, contre 15 millions en octobre et rien les mois précédents. Pologne et Allemagne s’en arrogent les trois quarts. Ces derniers temps, le Liban et la Turquie ont tiré les prix des taurillons européens à la hausse. En France, ils dépassent 3€/kg pour le O et approchent 3,7€ pour le U, fin décembre. Mais Philippe Chotteau relève aussi « un manque général de taurillons sur le marché ». En viande, marché sur lequel s’est positionnée la France, les contingents turcs étaient ouverts juqu’au 31 décembre 2010. En vif, ce serait jusqu’en avril 2011, « mais tout se renégocie », souligne Philippe Chotteau. Le Liban devrait, lui, garder ses frontières ouvertes et l’Egypte ouvrir prochainement les siennes.

L’Algérie ferme ses frontières mais pas le Maroc ni la Tunisie

En maigre, « les engraisseurs italiens limitent les mises en place », reprend Philippe Chotteau. Le maïs a été plus intéressant à vendre en grain qu’à récolter en ensilage cette année. Cependant, avec les conditions climatiques difficiles limitant les transports et les fêtes de Noël ayant « vidé les ateliers », un « rebond des achats » de broutards français est à envisager dans les semaines à venir. Le Maroc devrait s’ouvrir davantage au 2e semestre 2011, après avoir importé plus de 2 276 génisses de race pure et 1 398 broutards sur ces 10 derniers mois (statistiques douanières). Au 9 décembre, l’Institut de l’élevage remarquait que « certains [broutards] sont mis à la repousse pour pouvoir être vaccinés contre l’IBR et être expédiés dans trois mois au Maroc ». La Tunisie reste intéressée par les bovins français. En 2010, 3 000 têtes de jeunes bovins et 1 000 têtes de broutards ont été importées. Cependant, le Maroc, comme la Tunisie, ont du mal à trouver des animaux « respectant à la fois les conditions sanitaires et de poids » demandées. Mauvaise nouvelle par contre, en ce début d’année 20011, le marché algérien se referme, même si les négociations continuent. Près de 11 000 tonnes de viande congelée à droit de 20%, au lieu de 30%, et 5 000 têtes de bovins autres que reproducteurs à droit nul (au lieu de 30%) étaient envisagées à l’importation. Mais le partenariat Euromed dans lequel s’inscrit l’Algérie implique de déterminer une compensation financière ou bien un autre contingentement.

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