« Le renard libre dans le poulailler libre », la formule de Lacordaire a inspiré la Commission Attali : cette idéologie ultra renaît par épisodes en France au prétexte qu’elle régirait les affaires chez nos voisins européens ou aux Etats-Unis. Or, ni les articles 81 et 82 du Traité de Rome ni le Robinson-Patman Act ne permettent de revendre à perte et de faire des discriminations. Dire que l’on n’a nul besoin de barèmes, ou alors qu’ils sont négociables à la tête du client, c’est faire perdre tout repère aux consommateurs : des prix très bas ici et très élevés ailleurs feraient quelques « îlots de perte dans un océan de profits » au seul bénéfice des plus grandes enseignes – le reste du commerce n’a qu’à disparaître ! -, de celles justement qui ont une rente de situation et peuvent abuser de leur position dominante…

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Certes, tout ce bruit n’aura servi qu’à faire peur et ni Leclerc, ni Auchan ni Carrefour, malgré leur éloge de Jacques Attali, pourfendeur des lois Raffarin et Galland, n’en ont demandé tant. Ils préfèrent, avec la FCD, se battre jusqu’au bout pour obtenir la dépénalisation complète des relations commerciales et surtout la négociabilité des tarifs et ristournes (CGV). A priori, ils ne seront pas entendus, à en croire Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation cité dans Le Monde : le texte de loi qu’il soumettra au Conseil des ministres en novembre écarte et la revente à perte et la négociabilité des tarifs. Cette dernière possibilité est repoussée, « dans le courant 2008 » si un groupe de travail qu’il prévoit à ce sujet fait des « propositions concrètes » ou à titre d’expérience et « uniquement avec les grands fournisseurs ou dans certains secteurs ». Le défi du gouvernement est donc de trouver le juste équilibre et non de donner à l’aveugle un grand coup de karcher. Comme le rappelle l’Ania, « la liberté tarifaire existe et n’a pas à être restaurée » et l’industrie doit « conserver le droit de fixer ses tarifs librement et de façon non négociable, au même titre que les distributeurs fixent les prix de vente au consommateur ». Chacun sa liberté et elle s’arrête où commence celle du voisin !