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Libre-échange : l’UE à la recherche de compromis avec le Mexique et le Mercosur

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L’UE a entamé le 12 février à Mexico une nouvelle série de pourparlers commerciaux avec le Mexique, tandis que les négociations de libre-échange avec le Mercosur doivent reprendre le 20 février à Asuncion. Son objectif est de parvenir à des compromis avec ces partenaires avant que ne débutent, sous peu, les campagnes pour les élections de juillet au Mexique et d’octobre au Brésil.

Les négociateurs européens et mexicains ont engagé le 12 février à Mexico une course contre la montre afin de parvenir à un accord politique sur la modernisation de l’accord bilatéral de 2000 avant que ne débute, le 1er mars, la campagne des élections générales mexicaines du 1er juillet (1). L’UE cherche notamment à obtenir l’ouverture du Mexique à ses produits laitiers. En échange, elle concéderait entre autres à ce pays un contingent tarifaire annuel d’importation pour la viande bovine (11 000 à 15 000 tonnes).

La protection des indications géographiques protégées restait aussi un dossier délicat, notamment la dénomination du fromage « Manchego » produit sous cette dénomination en Espagne et au Mexique (2).

De source mexicaine, on indiquait que la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, pourrait effectuer aux alentours du 19 février le déplacement à Mexico pour favoriser un compromis final.

Automobiles et produits agricoles sensibles

Avec le Mercosur, le calendrier reste flou, alors que, selon la Commission de Bruxelles, la fenêtre d’opportunité pour un accord politique risque de se refermer bientôt, la campagne pour les élections d’octobre prochain au Brésil devant débuter en mars. Les négociateurs de l’UE doivent se rendre le 20 février à Asuncion (Paraguay) pour une nouvelle série de pourparlers de libre-échange avec le bloc sud-américain (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay).

L’accès des voitures et pièces de rechange automobiles européennes au marché de ces quatre pays reste une des principales pierres d’achoppement. Pour tenter de conclure, et obtenir aussi l’ouverture du Mercosur à ses produits laitiers, l’UE doit notamment faire des concessions sur l’accès à son marché pour les produits agricoles sensibles. Elle a déjà proposé de manière informelle un contingent tarifaire d’importation de 99 000 t de viande bovine, en dépit des interrogations soulevées par la situation sanitaire au Brésil (3). Elle pourrait aussi améliorer son offre pour l’éthanol (au-delà des 600 000 t proposées fin 2017) et le riz (au-delà de 45 000 t).

Selon une source sud-américaine, si les pourparlers progressent suffisamment, « il pourrait y avoir une annonce le 2 mars à Asuncion ».

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(1) Voir n° 3629 du 29/01/18

(2) Voir n° 3627 du 15/01/18

(3) Voir même numéro

UE-Mercosur : Stéphane Travert sensible aux « incohérences » soulevées par la FNB, selon Bruno Dufayet

Au sortir d’un rendez-vous avec Stéphane Travert, le 13 février, Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB) a décrit un ministre de l’Agriculture « interpellé par les incohérences » soulevées par la FNB lors de son congrès, la semaine passée, qui ne comprend pas que le ministère veuille à la fois faire monter en gamme la filière et renforcer la concurrence à bas coûts du Mercosur. « Il semble avoir un peu entendu nos inquiétudes », a relevé Bruno Dufayet, précisant que le rendez-vous a porté essentiellement sur l’accord de libre-échange UE-Mercosur, la conjoncture et le plan de filière. « Nous voulons savoir quelle est la position de la France, quelles sont les lignes rouges dont a parlé Emmanuel Macron et que va faire la France si ces dernières ne sont pas respectées… », a-t-il déclaré, en soulignant que « nous avons contenu les éleveurs sur un congrès, ce sera plus difficile sur le Salon de l’agriculture ».

« Nous avons contenu les éleveurs sur un congrès, ce sera plus difficile sur le Salon de l’agriculture »