Le groupe coopératif auvergnat Limagrain a annoncé le 14 janvier le lancement en 2020 d’une filière légumineuse sur « 700 à 800 ha » en Limagne Val d’Allier.
Ce projet en alimentation humaine concerne les prochains semis de printemps et « les premiers produits seront commercialisés en 2021 », a indiqué le président Pascal Viguier. Diverses cultures sont visées, à savoir féverole, pois chiche, lentille, haricot. Afin de faciliter la collecte, une aide au stockage à la ferme est prévue. Certaines productions comme la lentille seront vendues à des négociants. Pour d’autres, l’idée est d’investir dans la transformation, soit en partenariat soit en interne, et « à terme » mettre en place une usine dédiée, a expliqué le président. Il s’agit d’« aller jusqu’au produit fini ».
Limagrain poursuit ainsi sa politique autour de filières. « On cherche des niches à forte valeur ajoutée », a souligné Pascal Viguier. Dans le même ordre d’idée, le groupe a construit l’an dernier un moulin de plus de 20 millions d’euros « pour pérenniser le débouché du blé et valoriser au mieux la production », d’après lui.
Une percée attendue en semences de colza
Présenté comme le quatrième semencier mondial, Limagrain se fixe par ailleurs « un objectif de 5 à 10 % de parts de marché » en semences de grandes cultures. La barre des 10 % est, à en croire Pascal Viguier, quasiment atteinte en Europe, avec le maïs, le tournesol, deux espèces stratégiques. Une percée est prévue en colza, via des variétés résistantes aux maladies. « D’ici un ou deux ans, on sera numéro un du colza en Europe », a lancé le directeur général Damien Bourgarel. Au Brésil et en Argentine, le groupe se situe en deçà des 5 %. Mais il est « en train d’atteindre l’objectif ». Un développement qui s’effectue grâce à l’acquisition fin 2018 des sociétés Sursem, en Argentine, et Geneze, au Brésil.
En Chine, pays « sur le point de devenir le plus gros marché mondial des semences », Limagrain revendique une croissance à deux chiffres. Seuls 10 % du marché sont accessibles aux compagnies étrangères, a-t-il toutefois précisé. Le groupe espère profiter du feu vert donné par les autorités à la culture d’OGM. Deux traits OGM, développés par des instituts chinois, ont été autorisés le 30 décembre, selon Damien Bourgarel.
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Le DG mise sur de nouvelles autorisations que pourrait décrocher Syngenta, désormais sous pavillon chinois et auprès duquel Limagrain a obtenu une délégation de trait OGM. Tous deux ont signé un accord en 2015 qui s’étend sur vingt ans. Limagrain peut ainsi accéder à tous les traits OGM de Syngenta. Le groupe compte aussi développer ses propres traits génétiques par l’intermédiaire de Genective, sa coentreprise à 50-50 avec l’allemand KWS.
« On cherche des niches à forte valeur ajoutée »
Limagrain : un bénéfice net en hausse sur 2018-19
Limagrain affiche sur l’exercice 2018-19 un chiffre d’affaires consolidé de 1 883 millions d’euros (environ +4 % à périmètre comparable), auquel s’ajoutent 678 millions d’euros issus de partenariats stratégiques. Le résultat net atteint 80 millions d’euros (contre 75 millions d’euros il y a un an).