L'organisation Oxfam salue l'application au 1er juillet des limites de positions sur les marchés agricoles, censées limiter la spéculation sur les denrées alimentaires, mais surveille désormais les décisions européennes qui pourraient annuler les efforts français, prévient-elle le 30 juin. La France a intégré à la loi sur la réforme bancaire votée en 2014 une disposition limitant les contrats financiers sur les matières premières agricoles. Dans la loi publiée mi-mai au JO, l'Etat s'est engagé à ce que l'Autorité des marchés financiers (AMF) impose aux acteurs financiers un plafond sur le nombre de contrats passés sur une production, par exemple le blé, explique Oxfam dans une note. Aux termes de cette loi, destinée à renforcer la transparence des transactions, « toute personne détenant des instruments financiers dont le sous-jacent est constitué, en tout ou partie d'une matière première agricole, doit communiquer quotidiennement le détail de ses positions à l'Autorité des marchés financiers ». « La réforme française est une grande victoire », considère Clara Jamart, responsable des campagnes en faveur de la sécurité alimentaire. Mais « il se passe beaucoup de choses au niveau européen en ce moment avec la réforme de la directive sur les marchés d'instruments financiers (Mifid), et alors qu'on négocie les modalités de mise en œuvre, ça ne se présente pas bien. » « Or, si la réforme européenne est coulée par manque d'ambition, c'est l'ensemble des résultats obtenus en France qui seront mis en péril et on risque de tout perdre », explique-t-elle. Oxfam note en outre que « rien n'a bougé » concernant « l'interdiction pure et simple des fonds indexés sur les cours des matières premières agricoles », promesse de campagne du candidat François Hollande.
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