A l'occasion des 80 ans de l'INAO qui ont été fêtés le 16 avril dans le cadre prestigieux du Palais des Papes d'Avignon, l'Institut national de l'origine et de la qualité a voulu défendre et illustrer l'intérêt du modèle d'agriculture sous signe de qualité dans des marchés dérégulés et sous des contraintes fortes environnementales et d'aménagement du territoire. Face à des projets de simplification envisagés à Bruxelles, le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll a insisté sur le fait qu'il s'opposerait à une fusion des AOP (appellations d'origines protégées) et des IGP (Indications géographies) dont les contraintes sont bien différentes.
L'agriculture sous signe de qualité est-elle un modèle efficient pour l'agriculture de demain ? Oui, répondent les dirigeants de l'INAO qui ont voulu, à l'occasion des 80 ans de son existence, montrer les différentes facettes des appellations et leurs atouts dans un univers dérégularisé, aux exigences environnementales, à la valorisation des territoires et aux objectifs d'aménagement du territoire. Encore faut-il que ces systèmes d'appellation voient leurs cahiers des charges confortés, et non pas réunis dans un ensemble peu contraignant. C'est ce qu'a promis le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, venu saluer l'événement et qui a promis qu'il s'opposerait à la fusion envisagée à Bruxelles pour raison de simplification, entre les IGP et les AOP.
Impact économique
Bien des exemples furent donnés de l'apport des signes de qualité, notamment sur un plan économique, sujet rarement abordé par l'INAO. L'interprofession du comté et sa régularisation de la production via son système de droits à produits, l'organisation du jambon de Bayonne, avec ses efforts récents de promotion à l'exportation, ainsi qu'une organisation de la production qui permettrait à l'éleveur de toucher un léger sur-prix pour ses porcs… voilà deux exemples qui semblaient démontrer la réussite économique de ce modèle. Dans le secteur viticole, les appellations n'ont plus à montrer leur impact en matière de régulation de production et de défense de la qualité ; ni dans le bio dont Elisabeth Mercier, patronne de l'agence Bio insistait bien sur le fait que le logo AB « est un signe de qualité ». Pour les label, Henri Baladier, président de FedeLIS (labels rouges) expliquait que les labels rouges, en viande bovine durant la crise de la vache folle comme pour les volailles durant des crises aviaires, avaient permis aux éleveurs de mieux s'en sortir que les producteurs sans label.
Défense internationale
Il reste que ces appellations doivent être défendues, principalement sur les marchés internationaux. En Europe, c'est maintenant le cas. Des organisations qui régulent la production sont maintenant acceptées. Le cahier des charges du comté a ainsi été reconnu par le récent « Paquet lait » européen. Cependant, faire reconnaître et protéger les appellations dans d'autres pays que ceux d'Europe est un combat permanent, principalement de la France et maintenant de l'Europe depuis qu'elle a reconnu ces identités. Les négociations entre l'Europe et les Etats Unis, défendues ardemment par la plupart des membres de l'INAO vont dans ce sens, malgré des réticences américaines. Les tenants des appellations et indications géographiques sont, à ce titre des fervents défenseurs des négociations Europe-Etats Unis. Chef du service des relations internationales au ministère de l'Agriculture, Patrice de Laurens plaidait pour un appui des organisations professionnelles françaises dans le cadre de ces négociations.
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Consensus
Autre exigence, ces appellations et indications ne fonctionnent bien qu'en fonction de la capacité des professionnels à s'entendre. « L'INAO est une machine à produire du consensus », remarquait son directeur général Jean-Luc Dairien. Ce modèle est « un système qui impose aux professionnels de s'entendre », explique-t-il. C'est à cette condition que les produits peuvent trouver sur les marchés leur nécessaire valeur ajoutée, y compris immatérielle, à entendre le président de l'INAO et producteur de comté Jean-Charles Arnaud.
Une exploitation sur quatre
En France, les signes officiels de qualité et d'origine représentent 126 000 exploitations soit un quart des exploitations françaises et plus de 1 000 produits :330 AOP/AOC vins, cidres et eaux-de-vie 31 appellations régionales/IG 74 IGP viticoles 50 AOP laitières 45 AOP agroalimentaires 119 IGP agroalimentaires 427 labels rouges Le Bio représentait, en 2013, 5,4% des exploitations et 3,9% des surfaces agricoles.