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Syndicat L'industrialisation en ligne de mire de la Confédération paysanne

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A l'occasion de ses vœux, le syndicat minoritaire a rappelé son opposition à la concentration de la production et aux apports de capitaux privés dans l'agriculture. La fin des quotas laitiers ainsi que les enjeux climatiques préoccupent aussi fortement les paysans de la Conf'.

«I L nous semble important de faire ressortir tout ce qui est derrière ce dossier des 1 000 vaches. L'agriculture industrielle met à mal les paysans », lance Laurent Pinatel, le président de la Confédération paysanne, lors des vœux à la presse du syndicat, le 14 janvier. « Si la barre est à 1000 vaches, ceux qui en ont 80 en voudront le double pour être compétitifs », développe-t-il. Il prend en exemple les « projets d'industrialisation » en cours : 2 000 taurillons à Troyes, 250 000 poules dans le Pas-de-Calais, 1 000 truies en Vendée ...

Les grosses fermes inquiètent le syndicat et, avec la fin des quotas laitiers, le 31 mars, ils craignent la concentration de la production. Elle pourrait poser des problèmes de transmission et inciter l'apport de capitaux extérieurs à l'agriculture. « Sur le territoire, il y a déjà des fermes de 300-400 vaches, très difficiles à transmettre », constate Josan Palach, secrétaire général de la Confédération paysanne. Sur le prix du lait, il ne voit « aucune perspective de fin de crise ». Le syndicat appelle à revenir à des négociations collectives « comme avant », en demandant des mesures européennes de gestion des volumes. En d'autres termes, le syndicat veut la mise en œuvre d'outils permettant « une gestion contraignante » des volumes en situation de crise.

« Le paquet lait de 2009 devient inefficient et les producteurs vont payer les pots cassés par la baisse très forte des prix », lance Josan Palach. Et d'ajouter : « Les règles de concurrence ne doivent plus s'appliquer à l'agriculture ! ». Parmi les débouchés possibles, les Chinois ne sont plus aussi demandeurs car ils ont constitué des stocks importants. L'embargo russe est venu ajouter à la morosité ambiante, en créant une situation de surproduction. Conclusion : les prix ont baissé dans un climat d'offre mondiale abondante.

Agroécologie

Le syndicat s'est montré très préoccupé par les questions de climat. Une fois de plus, il pointe les effets de l'industrialisation de l'agriculture sur le réchauffement climatique. La conférence COP 21 à Paris sera l'occasion d'affirmer le modèle d'agriculture prôné par la Confédération paysanne : « Nous allons remettre en avant les pratiques d'agriculture paysanne », affirme Laurent Pinatel. Mais le syndicat reste dubitatif quant au projet agroécologique de Stéphane Le Foll. « Il aurait été plus judicieux qu'il vienne voir nos pratiques agroécologiques dans les campagnes plutôt que de demander un rapport à Marion Guillou. »

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La Confédération paysanne reçue à l'Elysée

«N OUS avons rappelé au conseiller agricole de l'Elysée que nous réclamions l'arrêt du projet Notre Dame des Landes », a affirmé Laurent Pinatel, le porte-parole de la Confédération paysanne à la sortie de son rendez-vous à l'Elysée, le 14 janvier. « On nous a promis une concertation locale », indique-t-il. Au cœur des discussions également : l'exclusion des jeunes agriculteurs non diplômés du processus de revalorisation des DPU. Le syndicat a trouvé « une bonne écoute » de la part de l'Elysée et désormais attend "des actes" du gouvernement.

Sur le barrage de Sivens, le syndicat ne se dit pas opposé à l'irrigation mais estime que ce n'est pas en créant des retenues d'eau qu'on luttera contre le réchauffement climatique. « Il est nécessaire d'avoir des retenues d'eau mais de petite taille, insiste Laurent Pinatel, l'utilisation de l'eau à grande échelle n'est pas une solution ! »

Social

En pleine période d'élections à la MSA (du 12 au 27 janvier), la Confédération paysanne a exprimé son attachement à son système de protection sociale. Elle pointe du doigt « la concurrence du privé » qui pourrait « démonter ce système ». « Les pouvoirs publics ont tendance à se désengager (…) et ne donnent plus les outils pour poursuivre la mission de protection sociale », pointe Mikel Hiribarren, son secrétaire général.

Pour 2015, le syndicat minoritaire compte faire de l'installation sa priorité. « Pour nous, c'est un système qui fonctionne mal en France, entre la moitié et deux tiers des installations ne sont pas aidées », explique le syndicaliste. Les travailleurs saisonniers et les cotisants solidaires feront également partie des thèmes de discussions de l'année à venir. Le congrès de la Confédération paysanne se tiendra à St Jean-Pied-de-Port, au Pays Basque, au mois d'avril.