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TABLE RONDE/COMMUNICATION L'industrie agroalimentaire peut faire de la qualité un argument de communication

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Les consommateurs, à la recherche d'une alimentation saine et riche en goût, se tournent de plus en plus vers les circuits courts et les produits fermiers, indiquaient les participants au Food morning * le 12 avril. Pourtant, ces circuits alternatifs n'ont pas le monopole de la qualité, selon les acteurs de l'industrie agroalimentaire. Reste à le faire savoir aux consommateurs.

« Pendant des années, on a dit au producteur que son rôle était de produire plus, et de produire du standard », témoigne Thomas Merle, vigneron dans le Var. Aujourd'hui, on veut des produits sains, peu ou pas traités, des animaux élevés dans de bonnes conditions... Difficile alors pour les agriculteurs de s'adapter. A tel point que « quelque chose s'est brisé entre la population et les paysans », conclut Thomas Merle. Si les consommateurs reviennent vers ces derniers, ils veulent désormais du local, du « terroir » et se pressent vers les circuits courts qui les rassurent quant à la traçabilité.

Pourtant, estime Fabrice Caro, administrateur des Jeunes Agriculteurs, l'industrie agroalimentaire peut aussi être fiable en matière de « qualité sanitaire, environnementale mais aussi sociale ». « On est dans un pays où il y a un industriel bashing », déplore-t-il. La production fermière et l'industrie agroalimentaire sont deux marchés différents, rappelle-t-il, mais « ce n'est pas parce qu'on mange pas cher que l'on doit manger de la merde ! ». Producteur de volailles, Fabrice Caro fournit des marques de l'agroalimentaire, et il est convaincu de la qualité de ses produits. « Peut-être n'avons-nouspas su communiquer », reconnaît-il.

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Industrie agroalimentaire
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Toujours selon Fabrice Caro, les communicants de la « food industrie » devraient développer, dans tous les secteurs alimentaires, des marques fortes attachées aux territoires français, comme c'est le cas dans la volaille. Arnaud Billon, éleveur et fondateur du site Ahlavache, conseillait quant à lui de « remettre le producteur au cœur de notre circuit d'alimentation ». Renaud Paquin, dirigeant de Mon-marché.fr, enfonçait le clou : « Les marques doiventparler de traçabilité ».

Serge Papin, p.-d.g. de Système U, saluait quant à lui le rôle des distributeurs dans la filière alimentaire : « Les distributeurs peuvent être les meilleurs alliés des agriculteurs », notamment en communiquant auprès des consommateurs. C'est ce que Système U a fait dans ses campagnes de publicité qui annonçaient la répartition de la marge sur différents produits. Mais Système U ne veut pas être le seul à s'y mettre. « Ilfaut que ce soit dans un contexte législatif », demande Serge Papin. Même si la grande distribution «prend conscience de ses responsabilités », tous ne semblent pas prêts à jouer le jeu pour « trouver des espaces de réconciliation ». Preuve en est, « il y a des abrutis dans ce pays qui se livrent à la guerre des prix » n’hésitait pas affi rmer le patron de Super U.

* 700 communicants de l’agroalimentaire réunis pour la deuxième édition du « Food morning », un évènement organisé par le
groupe de communication Dentsu Aegis Network et CB News. Parmi les intervenants, des professionnels de la communication, des chefs d’entreprises de l’agroalimentaire, mais également des agriculteurs.