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UE/Japon L’industrie agroalimentaire plaide pour la négociation d'un accord de libre échange avec Tokyo

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L'industrie, le commerce, les coopératives, les producteurs et les distributeurs de produits agroalimentaires européens réclament le plus vite possible la négociation d'un accord de libre-échange (ALE) entre l'Union et le Japon. Ils estiment qu'un tel accord avec ce pays prometteur créerait davantage d'opportunités commerciales pour les opérateurs agroalimentaires européens qui, tiennent-ils à le souligner, « génèrent un chiffre d'affaires de plus de 2 milliards d'euros par an et assurent du travail à plus de 33 millions d'Européens.

Dans un communiqué commun, FoodDrinkEurope (industrie), Celccaa (commerce) et le Copa-Cogeca (producteurs et coopératives), demandent à l'Union européenne d'accorder un mandat de négociation à la Commission européenne pour engager des pourparlers en vue de conclure un accord de libre-échange avec le Japon. Les discussions préparatoires conclues entre l’UE et le Japon à la fin du mois de mai 2012, visaient à explorer les possibilités de négocier un tel accord mais elles n’ont pas encore abouti. Les professionnels européens estiment en conséquence que « la prochaine étape naturelle pour l’UE devrait être à présent de lancer des négociations globales à part entière avec ce pays ». Interrogé à ce sujet par Agra Alimentation, Bernd Gruner, le secrétaire général du Celcaa (Comité européen de liaison des commerces agroalimentaires) a espéré qu’une annonce dans ce sens pourrait se faire à l'occasion du prochain sommet UE/Japon prévu en novembre 2012 à Bruxelles.

Une augmentation des exportations évaluée à plus de 70 %
Les consommateurs japonais sont de plus en plus ouverts à la consommation de produits alimentaires non traditionnels. Et la fourniture de ce type d’aliments ne peut être assurée par la production propre du Japon, estiment les professionnels européens. Ils précisent qu'une telle opportunité ne peut être pleinement exploitée qu'à condition d'abolir les barrières non tarifaires japonaises, c’est-à-dire les fameuses SPS (mesures sanitaires et phytosanitaires). Les responsables de l’agroalimentaire européen considèrent, « comme l’a démontré une étude danoise de novembre 2009 », (1) que les exportations de l'UE vers le Japon pourraient augmenter de 71% si les obstacles au commerce sont supprimés. Pour les produits agricoles transformés, la réduction des mesures non tarifaires japonaises se traduirait par une augmentation des échanges de 29%. Si les tarifs douaniers sont également diminués de leur côté, les exportations de produits alimentaires transformés européens augmenteraient jusqu’à un taux de 137 %. Un accord de libre-échange serait, par conséquent, « la seule façon d’atteindre ce double objectif en s’attaquant aux tarifs et aux barrières réglementaires ». Comme l'explique Bernd Gruner, le secteur agroalimentaire européen privilégie un accord de libre-échange bilatéral à un accord multilatéral, lequel « prend beaucoup plus de temps et exige de longues procédures, notamment en ce qui concerne le règlement des différends ». Celui-ci donne plutôt la préférence à un système de « reconnaissance mutuelle » beaucoup plus facile à gérer.

Une occasion qui ne se représenterait pas de si tôt
Le Japon constitue le 4e plus grand marché d'exportation de l'UE en ce qui concerne les produits agricoles et les denrées alimentaires avec une valeur totale des exportations de 4,1 milliards d'euros selon les chiffres d’Eurostat, l’Office de statistiques de l'UE. Les industriels européens avertissent que si les exportateurs européens de produits agroalimentaires ne sont pas en mesure de répondre à l'évolution des habitudes alimentaires japonaises en raison des obstacles au commerce évoqués, « ce potentiel de marché sera définitivement perdu au profit d’autres pays à forte production agro-alimentaire, et avec qui le Japon est disposé à négocier, comme la Corée, les Etats-Unis, le Canada ou encore l'Australie. À titre d’exemple, les professionnels européens se plaisent à rappeler le cas de l’accord de libre-échange signé entre l'UE et la Corée du sud qui, un an après sa mise en œuvre a permis à l’Europe d'augmenter de 120 % ses exportations de viande de porc au cours des 9 premiers mois. Les exportations de produits laitiers ont quant à eux tout simplement presque doublé. Ils estiment donc qu’un ALE avec le Japon pourrait générer des résultats similaires, non seulement pour les secteurs du porc et des produits laitiers mais aussi pour les exportations d’huile d’olive, de vin, de confiserie et de nombreuses autres denrées alimentaires. L’Europe peut-elle tourner le dos à de si souriantes opportunités  ? « That is the question », estiment les professionnels européens.

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