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Libre échange UE/USA L'industrie alimentaire européenne met en garde contre les barrières réglementaires

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Si elle se félicite du lancement de négociations commerciales entre l'UE et les USA en vue d'un accord de libre échange, l'industrie alimentaire européenne n'en exprime pas moins ses préoccupations par rapport aux obstacles réglementaires qui, selon elle, « demeurent le principal obstacle à un accord commercial mutuellement bénéfique ». Elle redoute notamment que de nouveaux obstacles réglementaires ne soient introduits à travers la mise en œuvre de la loi de modernisation de la sécurité des aliments récemment adoptée aux États-Unis

Certes, l'annonce par les Etats-Unis et l'Union européenne du projet de négociations formelles pour un accord commercial de libre échange ne pouvait que réjouir FoodDrinkEurope, le lobby de l'industrie alimentaire et des boissons de l'UE, qui y voit une nouvelle opportunité de croissance sur ce marché qui représente la première destination des exportations de produits alimentaires et de boissons de l'Europe, lesquelles, rappelons-le, ont atteint une valeur de 13,6 milliards d'euros en 2012. Sans compter que les États-Unis représentent de leur côté, la troisième plus importante source d'importations de produits alimentaires de l'Union (après le Brésil et l'Argentine) (1). Toutefois, FoodDrinkEurope redoute que de nouveaux obstacles réglementaires soient introduits lors de la mise en œuvre progressive de la loi de modernisation de la sécurité des aliments. Le lobby estime que la nouvelle loi a le potentiel à la fois de faciliter les échanges, mais aussi de générer « un nombre important de nouveaux obstacles au commerce, en particulier les dispositions visant les inspections des établissements étrangers et les amendes qui leur seraient liées. Des mesures qui, selon FoodDrinkEurope, « peuvent avoir un impact non négligeables sur les exportations de produits alimentaires et de boissons en particulier des PME européennes ».

FoodDrinkEurope prête à contribuer aux négociations

« L'industrie alimentaire et des boissons se félicite du lancement officiel des négociations commerciales entre l'Union européenne et les États-Unis. Nous saluons en particulier l'annonce du président Manuel Barroso que les deux partenaires se pencheront sur les moyens de réduire les formalités administratives et d'éviter les réglementations divergentes pour l'avenir », a indiqué Jesus Serafin Pérez, le président de FoodDrinkEurope. Se prévalant d'être à la tête de « la plus grande industrie manufacturière en Europe et le plus grand exportateur et importateur de produits alimentaires et de boissons du monde », le président a affirmé que l'industrie alimentaire européenne « est impatiente de jouer un rôle actif et d'apporter sa contribution aux négociations sur cet accord de libre échange avec les États-Unis ». Un accord, qui, a-t-il souligné, « a un potentiel de croissance prometteur et peut faciliter l'accès à ce grand marché d'exportation que sont les Etats-Unis, générant ainsi de nouvelles opportunités pour les producteurs de denrées alimentaires et de boissons européens».

Inquiétude de risques d’intoxications alimentaires

Selon une étude menée par l'Université de l'Ohio, un Américain sur 6 serait victime d'une intoxication alimentaire par an, ce qui représenterait 128 000 hospitalisations et près de 3 000 décès annuels. Les dépenses liées aux intoxications alimentaires s'élèveraient de leur côté à plus de 77 millions de dollars annuellement avec près de 47 millions de cas d'intoxication. Ces questions de sécurité alimentaire figurent à l'agenda des autorités américaines depuis déjà quelques années. Le 4 janvier 2011, une loi de modernisation de la sécurité alimentaire (Food Security Modernisation Act -FSMA) a été signée par Barack Obama en vue d'améliorer la réglementation, d'établir de nouveaux bilans et de soutenir les travaux de recherche dans le domaine de la sécurité alimentaire. La FSMA met l'accent sur les actions de prévention de la sécurité alimentaire, avec une augmentation des rythmes des visites d'inspection, le suivi de la mise en place d'actions correctives suite à une contamination, l'établissement de règles d'importations plus strictes, le développement de partenariats plus étroits entre le gouvernement fédéral, les Etats et les agences sanitaires. Toutes ces missions étaient planifiées pour janvier 2013 mais ont subi des retards. Elles seront mises en place principalement par la Food and Drug Administration (FDA).

(1) Près de 60% des exportations de l'UE sur le marché des Etats-Unis sont constitués de boissons, suivis par les produits laitiers, les huiles végétales et le chocolat. 

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