Face à la pandémie du Covid-19, l'industrie alimentaire réclame des mesures spéciales nécessaires pour maintenir le fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire dans tous ses aspects.
En pleine expansion en Europe de la pandémie du Covid-19, les responsables de l’industrie alimentaire de l’UE ont identifié cinq domaines clés, qui, selon eux, exercent une pression particulière sur la chaîne d'approvisionnement alimentaire. Domaines pour lesquels ils demandent à l’UE de prendre des mesures urgentes afin que les citoyens européens puissent continuer à avoir accès à leurs produits alimentaires habituels. « Notre objectif collectif est de faire en sorte que les rayons soient bien remplis et que les réfrigérateurs soient pleins. Cependant, cela devient de plus en plus difficile », a notamment déclaré Mella Frewen, la directrice générale de FoodDrinkEurope, le porte-voix de l’industrie alimentaire européenne. Selon elle, si l’UE et les Etats membres décident d’agir maintenant dans ces domaines clés, « l’Europe pourrait éviter de graves perturbations de l'approvisionnement des consommateurs en denrées alimentaires et en boissons et préserver nos emplois ainsi que nos entreprises ». Elle a donc écrit à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et lui a demandé, en étroite coordination avec les États membres de l'UE, de prendre des mesures urgentes sur cinq éléments précis.
Pénurie de main-d'œuvre
Dans le contexte actuel très particulier, certaines entreprises alimentaires se trouvent confrontées à un risque sérieux de pénurie de main-d'œuvre. L’industrie demande donc à la Commission de fournir des « lignes directrices » aux États membres afin d'établir des protocoles harmonisés permettant aux travailleurs du secteur alimentaire de poursuivre leur travail en toute sécurité, à l’image des travailleurs du secteur médical qui ont, de leur côté, « bénéficié de dispenses et de privilèges spéciaux ».
Si elle a salué la déclaration de la Commission du 16 mars dernier reconnaissant l’alimentation comme un « service essentiel », l’industrie fait toutefois observer que les États membres ont des interprétations différentes de ce qui peut constituer un secteur « essentiel ». Elle estime donc que les produits alimentaires et les boissons, les ingrédients, les emballages et les matériaux d'emballage doivent être considérés comme essentiels par tous les États membres de l'UE sans exception, afin d'éviter les retards aux frontières.
Goulets d'étranglement dans les transports
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L’industrie alimentaire déplore les nombreux retards aux frontières, les camions étant soit retardés, soit empêchés tout court de traverser les frontières. Elle craint que les marchandises bloquées aux frontières soient gaspillées sans que des mesures d'urgence soient prises pour les redistribuer ou les donner aux associations caritatives. Elle demande en conséquence à la Commission de donner suite aux mesures définies lors du Conseil informel des transports du 18 mars, notamment en encourageant vivement les États membres à mettre en place des « voies vertes » prioritaires pour les camions du secteur alimentaire et en levant les interdictions de circuler le week-end. Cette demande semble avoir été entendue par Ursula von der Leyen, qui, le 23 mars, a fait des propositions en ce sens. Les plus significatives : les États membres sont invités à désigner sans délai tous les points de passage frontaliers internes pertinents qui serviraient de voies réservées à tous les véhicules de transport de marchandises, quelles que soient les marchandises qu'ils transportent. Le franchissement de la frontière, y compris les éventuels contrôles et dépistages portant sur la santé, ne devrait pas prendre plus de 15 minutes et cela sans que les conducteurs n'aient à quitter leur véhicule. Les conducteurs ne devraient pas avoir à présenter d'autres documents que leur pièce d'identité et leur permis de conduire et, le cas échéant, une lettre de leur employeur.
Soutien aux entreprises en difficulté
Soulignant que 99 % des entreprises de l'UE dans le secteur de l'alimentation et des boissons sont des PME, l’industrie alimentaire considère que la pandémie de coronavirus constitue une vraie menace pour leur existence. Elle fait observer qu’un des principaux impacts sur les fabricants de produits alimentaires et de boissons a été la fermeture des restaurants, hôtels, bars et cafétérias et que cette situation s’est traduite par une baisse significative de la demande ainsi que des retards généralisés dans les chaînes d'approvisionnement. Elle demande donc d'élaborer des mesures d'urgence pour le secteur alimentaire, afin de minimiser l'impact financier sur les entreprises alimentaires, de maintenir les emplois et d'aider à reconstruire la durabilité économique du secteur à long terme. Elle invite également la Commission à faciliter la mise en place d'un « environnement réglementaire souple et pragmatique » qui soutienne les entreprises vulnérables en ces temps de crise. Par exemple, en introduisant plus de flexibilité dans la mise en œuvre des règles relatives aux aides d'État et de certains soutiens fiscaux.
L’industrie fait également remarquer que depuis l'épidémie de coronavirus, les entreprises alimentaires ont vu leurs ventes diminuer, notamment en Chine et dans la région asiatique. Certaines d'entre elles n'ont pas pu expédier de marchandises depuis deux mois, tandis que d'autres subissent des retards notables de la part de leurs clients habituels. L'industrie européenne demande à la Commission d'organiser des discussions bilatérales avec les principaux partenaires commerciaux internationaux afin de faciliter le commerce des produits alimentaires et des boissons et aussi de garantir que les produits puissent continuer à circuler dans le monde entier.