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UE/Santé L’industrie belge plaide pour une harmonisation sur le sel dans l’alimentation

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Industriels de l’alimentaire et distributeurs belges s’engagent volontiers à réduire les teneurs en sel dans les produits alimentaires qu’ils commercialisent. A cet effet ils viennent de signer une convention avec le ministère de la santé. Toutefois ils ne tiennent pas être les seuls à faire des efforts et plaident donc pour une approche européenne de la question du sel dans la chaîne alimentaire.

Les producteurs et distributeurs de produits alimentaires belges, réunis au sein de leurs fédérations respectives, Fevia et Fedis, s’engagent à apporter leur contribution à l’effort collectif des opérateurs, des consommateurs et des autorités belges en vue de réduire la consommation de sel d’au moins 10% à l’horizon 2012. C’est en tout cas l’engagement qu’ont pris ces deux fédérations en signant une convention avec le ministère de la santé publique et de la sécurité alimentaire. Chris Moris, le directeur général de la Fédération de l’industrie alimentaire, a expliqué à Agra alimentation qu’en Belgique la consommation de sel dans les aliments est bien au-delà des normes recommandées par l’OMS. Même s’il s’applique à rappeler que les taux moyens en Belgique restent quand même plus bas (entre 9 et 10 gr/jour) que dans certains autres Etats membres (par exemple la Tchéquie : entre 9 et 12 gr/jour), il reconnaît qu’une baisse de 10 % à l’horizon de 2012 « n’est pas suffisante et qu’il faudrait encore en faire davantage pour se conformer aux recommandations de l’OMS »

(6 gr/jour). Le patron de la Fevia se plaît à rappeler qu’au cours de ces dernières années l’industrie alimentaire belge ainsi que la distribution ont déjà diminué la teneur en sel dans toute une série de produits et qu’elles sont décidées « à poursuivre leurs efforts pour contribuer à une réduction du sel dans la chaîne alimentaire ». Dans cette perspective, les deux secteurs ont pris l’engagement, en concertation avec les autorités, de réduire progressivement, sur une période de quatre ans, la teneur en sel d’une série de produits alimentaires de base (pain, produits de viande, sauces, soupes, fromages, plats préparés, produits de pommes de terre, produits à base de fruits et de légumes). Ces produits sont commercialisés à la fois sous les marques des fabricants et des distributeurs. Chris Moris rappelle également que les membres de Fevia et de Fedis ont introduit progressivement, depuis 2007, et sur une base volontaire, un étiquetage nutritionnel conseillé par la Ciaa (les « Guideline Daily Amounts » ou « repères nutritionnels journaliers ») qui complète les mentions d’information légales et qui renseigne le consommateur sur la quantité de sel contenue dans une portion de produit.

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Pour une approche communautaire du problème

En contrepartie de leurs efforts en matière de réduction en teneur en sel dans leurs produits, les membres de Fevia et de Fedis insistent aussi sur l’importance d’une approche européenne de la question du sel dans la chaîne alimentaire. A leurs yeux, celle-ci « est primordiale pour préserver le tissu industriel belge et éviter toute distorsion de concurrence entre opérateurs européens ». Chris Moris plaide donc pour un « effort conjoint » de la part des partenaires européens car, souligne-t-il, le consommateur belge pourrait préférer le produit importé d’un pays voisin parce que plus salé et donc plus « savoureux »; une politique coordonnée à l’échelon de l’Union s’impose. « Nous n’avons pas de problème avec la France et d’autres pays qui nous entourent comme les Pays-Bas ou le Royaume-Uni car ces pays sont actifs sur le problème. Le seul point noir serait l’Allemagne qui refuserait de reconnaître les problèmes de santé liés à la consommation excessive de sel. Nos relations avec ce pays sont difficiles car les autorités estiment qu’il n’est pas nécessaire de réduire les teneurs en sel, notamment dans leurs pains, et elles rejettent donc les recommandations de l’OMS préconisant une consommation maximale de 6 gr/jour », regrette le leader de la Fevia Hasard du calendrier, le 17 mai a été institué par l’Organisation Mondiale de la Santé « Journée mondiale de l’hypertension ».. Celui-ci assure que l’Allemagne est « vraiment mise sous pression par les autres Etats membres » sur cette question précise.

Question de goût aussi…

L’industrie alimentaire et la distribution belge soulignent cependant que la réduction du sel dans les produits alimentaires a toutefois ses limites et que le sel « ne peut pas toujours être remplacé ou réduit dans les proportions que l’on souhaiterait pour des raisons technologiques, de sécurité alimentaire et de goût ». Chris Moris explique que s’il n’est pas question qu’une modification de la composition d’un produit puisse entraîner un risque pour la santé du consommateur, il reste que le consommateur souhaite quand même que les produits alimentaires qu’il convoite « répondent également à ses attentes en ce qui concerne le goût, la texture et l’aspect visuel ».