À l’instar de l’industrie des spiritueux qui clame son opposition à la généralisation de la loi Evin en Europe, les brasseurs s’organisent pour éviter de nouvelles contraintes sur la publicité de leurs produits. Ils comptent bien faire prendre conscience aux pouvoirs publics des dégâts économiques potentiels d’une politique anti-alcool généralisée.
A quelques semaines de la présentation par la Commission de Bruxelles de sa politique de lutte contre la consommation excessive d’alcool, le lobby des brasseurs européens a arrêté une stratégie pour tenter de limiter les nouvelles contraintes qui pourraient peser sur le secteur.
Chiffres à l’appui, les Brasseurs d’Europe entendent prouver qu’ils sont un acteur économique de poids, notamment du point de vue de l’emploi indirect en agriculture. Ils vont aussi se mobiliser sur le dossier des droits d’accises et celui de la santé. Concernant la fiscalité, les brasseurs réclament un traitement comparable à celui du secteur des vins qui bénéficie, dans les pays de production, de droits nuls.
164 000 emplois directs
Selon les premiers éléments d’une étude réalisée par Ernst & Young (EY), les fabricants de bière représentent 164 000 emplois directs en Europe. C’est en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Pologne que les emplois sont les plus nombreux avec respectivement 20 %, 13 % et 9 % des emplois directs. Mais le poids indirect du secteur est considérablement plus important. Car, pour un emploi en brasserie sont générés un emploi dans la distribution, deux pour la logistique et près de 12 dans le secteur de la restauration, explique EY. Les difficultés des fabricants de bière auraient donc un impact sur 2,6 millions d’emplois. Toutefois, pour le cabinet d’audit, la production de bière au sens strict mobilise 342 000 salariés indirects, principalement dans le secteur agricole (43 %), l’industrie de l’emballage (12,4 %) et la communication (11,7 %).
416 millions d’hl
La production de bière en Europe s’élève à 416 millions d’hectolitres dont 55 millions hl sont exportés. Certains pays comme le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique ou l’Irlande exportent entre 47 et 57 % de leur production. La France, avec à peine plus de 10 % d’exportations, se situe juste en deçà de la moyenne européenne.
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Taxes comprises, le marché européen de la bière est estimé par EY à 124 milliards d’euros. Près de 3/4 de ce marché sont réalisés par la consommation de bière dans le secteur Horeca (hôtels, cafés, restaurants), note le cabinet.
38,8 milliards d’euros de taxe par an
Outre ces éléments économiques, les Brasseurs d’Europe vont mettre en avant leur contribution aux ressources publiques. EY a calculé que le secteur rapporte 38,8 milliards d’euros, toutes taxes confondues, aux gouvernements européens, chaque année.
Par ailleurs, le secteur est constitué à la fois de géants internationaux et de petits industriels, relève EY. A elle seule, l’Allemagne compte 1 250 brasseries. Toutefois, chaque pays européen compte généralement une cinquantaine de fabricants. Le nombre total de brasseries, estimé par les auteurs de l’étude EY, s’élève à 2800. Un chiffre en augmentation rapide du fait du dynamisme des micro-brasseries, par exemple en Autriche où le nombre de sites de production est passé de 60 dans les années 80 à 140 aujourd’hui.