Les industriels de la charcuterie ont amélioré leurs résultats en 2014, notamment grâce aux baisses des prix des pièces de porc et au Crédit impôts compétitivité recherche (CICE). L'année 2015 débute en revanche sur une baisse de consommation qui inquiète la profession.
La situation économique de l'industrie française de la charcuterie s'est améliorée durant l'année 2014, s'est félicitée la Fédération de l'industrie de la charcuterie et des traiteurs (Fict), lors d'une conférence de presse, le 9 juin. Ce regain de rentabilité, « après cinq années de vaches maigres », provient de l'effet conjugué de la baisse du prix des pièces de porc, et du Crédit impôts compétitivité emploi (CICE), a expliqué le président de la Fict, Robert Volut. Le CICE a représenté une économie de près de 40 millions d'euros (28 millions en 2013). A défaut de chiffres comptables, les industriels illustrent ce rebond par l'évolution de l'emploi dans le secteur : après avoir perdu 3800 emplois ces cinq dernières années, l'industrie de la charcuterie a terminé l'année 2014 sur un solde d'emplois positif.
Baisses de consommation
Les prix des pièces restent sur des niveaux bas depuis le début de l'année 2015. Toutefois, les industriels s'inquiètent de la baisse de la consommation de charcuterie à domicile sur les 4 premiers mois de 2015 (-1,9% en volume). Ces dix dernières années, elle avait progressé de +1,5% par an en moyenne, avant de ralentir à +0,4% en 2014. « C'est un peu inquiétant d'autant que l'année dernière nous avions des motifs de satisfaction, comme la progression des marques de fabricant, ou du e-commerce », estime Robert Volut. Sur une plus longue période, les industriels s'inquiètent de la baisse de la consommation en région parisienne. Alors que les foyers français mangent en moyenne 30 kilos de charcuterie par an (35 kilos dans le Nord et le Nord-Est), ils n'en mangent que 23 en région parisienne. « Le premier territoire économique n'est pas notre terre d'excellence », regrette Robert Volut.
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Pénétration des charcuteries étrangères
Deux autres nuages pointent dans le ciel des industriels : la pénétration des charcuteries étrangères qui s'accroît. Les produits étrangers représentent 13,3% du marché en 2014, (en hausse de 1,1 point sur deux ans), et progressent régulièrement depuis cinq ans, notamment sur les salaisons sèches d'Italie et d'Espagne. Deuxième inquiétude : la baisse des exportations, tant sur les pays de l'Union européenne (-2,9%) que sur les pays tiers (-6,4%). Le président de la Fict a regretté que les grandes entreprises du secteur ne s'intéressent pas plus à l'export. « Si l'industrie fromagère a réussi à l'export, c'est parce que les grands groupes se sont mobilisés », estime-t-il.
À l'occasion d'une conférence de presse, le 9 juin, le président de la Fédération des industries de la charcuterie (Fict) s'est dit favorable à l'association de logo Porc français à un cahier des charges de qualité. « Nous sommes favorables à la définition d'un cahier des charges, si possible segmentant », a expliqué Robert Volut. La Fict estime que la production porcine française est trop « monolithique » et manque de segmentation. « Associer Porc français à un cahier des charges serait déjà un premier pas », étaye Catherine Goavec, déléguée générale de la Fict.