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Etiquetage alimentaire L’industrie de la viande veut amender les propositions de Bruxelles

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L’industrie européenne de la transformation de la viande ne voit pas d’un bon œil la récente proposition de règlement de la Commission européenne relative à l’information sur les denrées alimentaires à fournir aux consommateurs. « Ce n’est certainement pas un texte qui va simplifier le processus de réglementation ni réduire le fardeau administratif et, partant, les coûts pour les exploitants du secteur contrairement à ce qui est dit dans la proposition de Bruxelles », dit-on au Centre de liaison des industries transformatrices de la viande de l’UE (Clitravi). Celui-ci met actuellement la dernière main à une position commune défendant dans ce dossier les intérêts des industries concernées, depuis l’industrie de la viande jusqu’à la charcuterie.

La proposition de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires n’est pas simplement une refonte, la codification ou la mise à jour des directives actuelles d’étiquetage qui établissent des règles pour la fourniture d’informations factuelles. Elle va bien au-delà et propose même de tenir compte de considérations éthiques et philosophiques, c’est-à-dire des considérations tout à fait subjectives », estime-t-on au Clitravi. Des considérations qui, ajoutent les industriels de la viande, « varient d’un État membre à l’autre et ne peuvent pas être soumises à la législation surtout pas sous la forme proposée d’un règlement, c’est-à-dire directement applicable à tous dans tous les États membres ».

Non aux contraintes sur la taille des étiquettes

Concernant plus spécifiquement l’obligation de prévoir des étiquettes claires, lisibles et compréhensibles préconisée par le projet de règlement, le lobby de la transformation de la viande estime qu’il ne devrait y avoir « aucun format standard, ni aucune norme en ce qui concerne la taille de la police des caractères ». Le maximum qu’il puisse accepter est que « toute information doit être placée à l’endroit le mieux adapté en fonction du type de conditionnement ». Dans la liste des informations obligatoires à fournir sur les denrées alimentaires, la proposition de règlement prévoit la mention obligatoire du nom ou de la raison sociale et l’adresse du fabricant ou du conditionneur ou d’un vendeur établi à l’intérieur de l’UE. Clitravi demande à ce propos que la mention du vendeur ne soit obligatoire que dans le cas où le produit est fabriqué et emballé en dehors de l’UE.

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Les industriels de la viande se disent opposés aussi à l’idée de mentionner obligatoirement l’origine ou la provenance des produits. « Même à l’époque de la crise de l’ESB nous étions contre », car, défendent-ils aujourd’hui, « chaque pays fera valoir à un moment donné que sa nourriture est la plus sûre et/ou la meilleure ». Pour eux, il n’y a pas lieu de changer la législation actuelle de l’UE, qui crée l’obligation de citer l’origine, sauf « lorsque cela peut induire en erreur le consommateur ». En guise de justification, Clitravi avance qu’« il est souvent impossible de connaître la provenance de la viande au moment où l’on produit les étiquettes, qui sont souvent imprimées plusieurs mois à l’avance ».

Clitravi conteste également l’obligation d’utiliser des noms chimiques spécifiques dans la liste des additifs contenus dans les produits, ce « qui ne peut que troubler l’intelligibilité de la liste des ingrédients par les consommateurs ». Afin de simplifier la liste d’ingrédients et d’accroître leur lisibilité, le lobby de la viande suggère au contraire d’utiliser les noms génériques pour indiquer la présence d’additifs (par exemple mentionner simplement « Phosphate », plutôt que « Diphosphate tétrasodique » ou encore « Dihydrogéno diphosphate de calcium »).