« L’industrie des engrais va retrouver le chemin des investissements », a affirmé Gilles Poidevin, directeur général de l’Unifa, union des producteurs d’engrais, à l’occasion d’une conférence tenue le 12 juin sur les efforts réalisés par cette industrie en matière de développement durable.
L’industrie des engrais va plus que jamais être mise à contribution pour assurer, à travers le monde, un développement de la production agricole. Pour cela, il lui faudra investir, autant pour produire plus, que pour respecter des contraintes environnementales nouvelles. « L’industrie des engrais va retrouver le chemin des investissements », annonçait Gilles Poidevin, DG de l’Unifa, lors d’une conférence sur ces sujets le 12 juin. Le grand objectif est de pouvoir produire plus d’engrais sans utilise plus d’énergie et d’aider les agriculteurs à respecter les principes de meilleur respect de l’environnement. Cette conférence du 12 juin était d’ailleurs l’occasion de dresser le bilan de plusieurs années d’amélioration de l’empreinte écologique du secteur. Si le transport des engrais, notamment dans l’Hexagone n’a pas fait beaucoup de progrès (la route reste ultra-majoritaire) l’efficacité en matière de production est indéniable. Depuis le début du XX e siècle, l’utilisation de l’énergie pour obtenir une même quantité d’engrais azoté a été divisée par 4.
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Moins de NO2 dans l’air
De plus, les émissions de protoxyde d’azote, utilisé pour produire de l’acide nitrique (matière première indispensable aux engrais) ont diminué de 43% depuis 1990. Cependant, les industriels demandent encore, depuis plusieurs années, l’intégration du protoxyde d’azote dans le mécanisme du marché des quotas de CO2. Une directive européenne prévoit la possibilité pour un pays d’inclure d’autres gaz que le CO2 dans ce marché. Ce qui permettrait d’aider l’industrie à réduire les émissions de NO2. Autres progrès possibles, ceux qui concernent l’utilisation des engrais par les agriculteurs. Avec la même quantité d’azote, explique Gilles Poidevin, la production de céréales et colza est 40% supérieure à ce qu’elle était en 1990. De plus, la quantité d’azote nécessaire pour produire un quintal supplémentaire est moins élevée dans les zones de rendement les plus importantes. Reste, enfin, l’action de recyclage des emballages ou des matières fertilisantes. En ce qui concerne les emballages, 66 entreprises ont adhéré au système de recyclage, représentant 3 000 000 de tonnes d’engrais solides et 10 000 000 de litres d’engrais liquides mis en marché. La collecte est assurée par Adivalors, la société qui collecte déjà les emballages de phytosanitaires. Si le recyclage se développe en principe sans problème, la question est plus difficile pour les produits en propylène pour lesquels seule une société en Italie semble assurer le recyclage.