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UE/Etiquetage nutritionnel L’industrie des spiritueux ne veut afficher que les infos « vraiment utiles »

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La mention du pays d’origine, l’énumération des ingrédients, la taille de la police et l’étiquetage des allergènes. Tels sont les éléments principaux sur lesquels la Confédération européenne des producteurs de spiritueux (Ceps) souhaite mettre l’accent dans le cadre des débats sur la proposition de règlement relative à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Ce dossier fait l’objet de discussions animées tant au Parlement européen qu’au Conseil des ministres de l’UE.

Si elle salue la proposition de la Commission européenne d’exempter temporairement (5 ans) l’industrie des spiritueux, du vin et de la bière de certaines dispositions du projet de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (1), la Ceps (Confédération européenne des producteurs de spiritueux) espère que, d’ici à ce que cette approche fasse l’objet d’une révision (vers 2015-2016), plusieurs de ses préoccupations feront l’objet d’améliorations en première lecture devant le Parlement européen. En particulier en ce qui concerne les dispositions du projet de règlement portant sur l’étiquetage de l’origine, la taille de la police, l’étiquetage des ingrédients et celui des allergènes.
Au Parlement les discussions au niveau de la commission de l’environnement se poursuivent et au terme de la réunion du 27 janvier dernier plus de 500 amendements environ ont été apportés au rapport préparé par Renate Sommer, (PPE, Allemagne). Ces modifications couvrent un large éventail de questions que les députés européens estiment importantes et qui devraient être prises en compte lors de l’étiquetage des aliments et des boissons. La Ceps estime que le répit de cinq ans accordé à l’industrie peut être mis à profit pour lui permettre de préparer des recherches appropriées « sur les informations les plus utiles aux consommateurs et sur la meilleure façon de lui fournir ces informations ». La Ceps considère que l’étude d’impact que la Commission européenne a élaborée pour préparer son projet de règlement « n’a pas été en mesure de fournir des données pertinentes à ce sujet » et qu’il est « essentiel » de fournir aux consommateurs des informations qui leur sont « vraiment utiles ». « Est-ce que les consommateurs sont vraiment intéressés de savoir quels sont les ingrédients qui composent leur vodka ou leur scotch whisky ? » se demande la Ceps. « Il est important de savoir ce que les consommateurs veulent savoir avant de s’embarquer dans un étiquetage plus exhaustif », estime le lobby de l’industrie des spiritueux.

Spécificité des spiritueux
Concernant plus particulièrement l’étiquetage du pays d’origine, la Ceps considère que l’on ne peut pas envisager d’exiger l’étiquetage obligatoire de l’origine des ingrédients primaires des spiritueux en raison de la nécessité de changer constamment les étiquettes en fonction des prix du marché des ingrédients tels que les céréales mais aussi du fait que cela n’a que très peu de pertinence pour le produit final. A propos de la taille de la police des caractères (la Commission propose une taille de 3 mm), le lobby de l’industrie estime que dans la mesure « où l’industrie et des politiciens trouvent que 3 mm c’est trop grand un compromis pourrait être trouvé en prenant aussi en compte la couleur, le style et la taille ».

Plus de 500 amendements
La commission de l’environnement du Parlement européen compte voter le rapport de Renate Sommer avec ses plus de 500 amendements en mars prochain et l’ensemble du Parlement se prononcera en mai de cette année. Quant au Conseil des ministres de l’UE, la présidence espagnole a repris le dossier en début d’année et a présidé une première réunion du Groupe de travail du Conseil sur cette question, les 11 et 12 janvier. Un certain nombre d’autres réunions sont prévues en février et mars.
A l’adresse des trois institutions européennes (PE, Conseil et Commission), le lobby de l’industrie des spiritueux recommande de prendre en considération dans leurs débats les trois principes directeurs suivants « pour garantir une décision finale raisonnable »: Toute information devant être fournie sur l’étiquette doit être pertinente et compréhensible pour les consommateurs. Toute nouvelle exigence devrait perturber le moins possible le marché intérieur de l’UE et les coûts pour les producteurs. Les éventuelles nouvelles exigences devraient s’appliquer également à l’ensemble des boissons alcoolisées.

(1) En l’état, la proposition de règlement de la Commission européenne exempte pour cinq ans le secteur des spiritueux, du vin et de la bière de l’obligation de l’étiquetage des informations nutritionnelles et de la mention des ingrédients composant les produits.

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