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Chocolat/Ethique L’industrie du cacao veut intensifier la lutte contre le travail des enfants

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L’International Cocoa Initiative (ICI) (1) a annoncé l’accueil en son sein d’un nouveau Partenaire Contributeur, Armajaro Trading, l’un des plus grands négociants de cacao au monde, lequel s’est engagé à soutenir le programme principal de l’initiative volontaire de l’ICI, consistant à lutter contre le travail des enfants et le travail forcé dans la production de cacao notamment en Afrique de l’Ouest. Il s’agit d’une adhésion d’importance car Armajaro Trading est le leader mondial dans le négoce du cacao et le premier négociant à rejoindre l’International Cocoa Initiative. « En tant que leader de la distribution, nous voulons nous assurer que chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement respecte les normes les plus strictes, pour que nos fournisseurs bénéficient du développement du marché », a déclaré Nicko Debenham, Directeur du « Development and Sustainability.

Grandes pointures, petits résultats
Le programme volontaire de lutte de l’ICI vise à éliminer les pires formes du travail des enfants dans les plantations cacaoyères, notamment en Afrique de l’Ouest (Ghana et Côte d’Ivoire). Souvent méconnue des consommateurs de pralinés, l’exploitation du travail des enfants dans les plantations cacaoyères est dénoncée depuis plusieurs décennies par les ONG (2) mais sans grands effets sur le terrain jusqu’ici. Sous la pression médiatique, en 2001, l’industrie chocolatière a pourtant signé le « Protocole Harkin-Engel » (nom de deux sénateurs américains) où elle s’est engagée volontairement à éliminer les pires formes de travail des enfants et le travail forcé des adultes. Il ressort des évaluations faites jusqu’ici de cette initiative que, mis à part, quelques projets pilotes mis en œuvre par certains grands formats de l’industrie chocolaièret, la plupart des mesures prévues pour lutter contre l’exploitation du travail des enfants n’ont pas été réalisées. Face à l’échec des initiatives volontaires, plusieurs ONG ont lancé » des campagnes de dénonciation » et ont demandé aux gouvernements de mettre les entreprises face à leurs responsabilités et de les contraindre « à mandater un organe de vérification indépendant, chargé de contrôler leur chaîne d’approvisionnement et de publier les efforts consentis pour lutter contre les abus ». Pour les ONG, il est difficile d’évoquer un manque de moyens : entre 2001 et 2011, les produits chocolatés auraient généré un chiffre d’affaires d’environ 1.000 milliards de dollars. Le Parlement européen a également « condamné fermement le recours au travail des enfants dans les champs de cacao » en adoptant en mars 2012 une résolution dans laquelle il a appelé les Etats à ratifier et à mettre en œuvre la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant ainsi que les conventions de l’OIT sur le travail des enfants ». La résolution demandait aussi que « l’ensemble des accords commerciaux conclut par l’UE avec d’autres pays intègrent des dispositions efficaces destinées à réduire la pauvreté et à encourager le travail décent ».

(1) Créée en 2002, la « Fondation International Cocoa Initiative » (ICI) se veut « un partenariat unique entre la société civile, les syndicats et l’industrie du chocolat, qui œuvre pour éliminer de la production du cacao les pires formes de travail des enfants et du travail forcé ». L’ICI est actuellement composé de 16 membres dont notamment Armajaro Trading, Barry Callebaut, Cargill, Ferrero, l' Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du catering, du tabac et des branches connexes (UITA), Kraft Foods, Mars Incorporated, Nestlé, etc... L’Organisation internationale du travail (OIT) est membre observateur. 
(2) Utilisation de pesticides sans protection, transport de charges lourdes, violences psychologiques et physiques, impossibilité d'aller à l'école... 

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