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SPIRITUEUX/POLITIQUE COMMERCIALE L'industrie européenne des spiritueux plaide sa cause

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A l'occasion de la présentation d'un rapport sur le bilan des exportations de spiritueux pour la période 2003-2013, l'industrie européenne des spiritueux a plaidé auprès de la Commission européenne et du Parlement européen la nécessité de mettre la politique commerciale en tête de leur agenda respectif au motif que les exportations de produits à forte valeur ajoutée constituent un des piliers de la prospérité des Européens. Parmi la série de recommandations qu'elle leur a présentées figurent notamment la nécessité de conclure les négociations de libre-échange avec les principaux partenaires commerciaux de l'UE, l'amélioration de l'accès au marché ainsi que la protection des droits de propriété intellectuelle.

« SPIRITSEUROPE soutient pleinement le programme commercial de l'UE. Nous demandons à la future Commission européenne et au prochain Parlement euro-péen de poursuivre leur engagement dans l'approbation de nouveaux accords commerciaux avec les principaux marchés dans le monde ». En présence de Karel De Gucht, le commissaire européen au commerce extérieur, Paul Skehan, le directeur général de SpiritsEurope, le lobby de l'industrie européenne des spiritueux, s'est longuement étendu, avec d'autres intervenants, sur le bilan du secteur durant la dernière décennie. Un bilan plus que positif dans la mesure où, si l'on en croit les chiffres divulgués à la presse, les exportations de spiritueux auraient doublé à 10 milliards d'euros entre 2003 et 2013. Pour la dernière année, elles auraient contribué à une balance commerciale nette positive de l'UE de quelque 8,6 milliards. Des résultats qui, aux yeux de Paul Skehan, montrent que la prospérité de l'UE dépend de plus en plus de l'exportation de produits et de services à forte valeur ajoutée sur les marchés émergents à croissance rapide. Lequel insiste sur le fait que « l'amélioration de l'accès aux marchés pour les produits et services de l'UE est une condition sine qua non de ce processus ». Pour le patron de SpiritsEurope, la politique commerciale de l'UE doit être fondée essentiellement sur deux piliers : la promotion de la libéralisation des échanges tant au niveau multilatéral que bilatéral et le respect et l'application des règles actuelles.

TOP TEN DES MARCHÉS D'EXPORTATION

L'Union européenne est le plus grand exportateur de boissons spiritueuses dans le monde. En 2013, elle a exporté un peu plus de 10 milliards d'euros de boissons spiritueuses sur plus de 150 marchés. Le principal marché d'exportation reste les États-Unis avec 3,341 milliards d'euros d'exportations en 2013. Il est suivi par Singapour (1,041 milliard d'euros), la Russie (725 millions d'euros en 2013), la Chine (456 millions), l'Afrique du Sud (297 millions), le Canada (285 millions), le Mexique (238 millions), Taïwan (193), l'Australie (203 millions) et le Japon (193 millions). Les 2/3 des spiritueux européens exportés bénéficient d'indications géographiques.

« L'élimination des droits de douane à l'importation et des autres obstacles tels que la politique fiscale discriminatoire, la protection insuffisante de la propriété intellectuelle ou les procédures douanières complexes doivent être abordées par l'UE à travers la conclusion d'accords de libre-échange ambitieux avec nos principaux partenaires commerciaux », souligne Paul Skehan. Lequel prend l'exemple de l'Inde, marché numéro 1 pour le whisky européen, mais au sein duquel les exportations européennes ne représenteraient qu'à peine 1 % de la consommation locale de spiritueux. « L'abolition des 150 % de droits tarifaires indiens permettrait une explosion des exportations européennes de spiritueux, si l'UE et l'Inde concluaient un accord de libre-échange dans les prochaines années », assure le lobbyiste.

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MULTIPLIER LES ACCORDS DE LIBRE-ÉCHANGE

Après la conclusion d'accords de libre-échange avec des pays comme la Corée du sud, la Colombie, le Pérou – qu'elle considère comme de grands succès pour le secteur – l'industrie européenne des spiritueux ambitionne de voir d'autres marchés s'ouvrir à ses exportations. Elle espère et appelle par exemple à la mise en œuvre rapide de l'accord avec le Canada, signé en février 2013 mais toujours en cours de finalisation. Elle compte également sur la conclusion des accords restant à négocier en Asie – notamment avec l'Inde, le Vietnam et la Thaïlande – ainsi que sur la relance des négociations avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et Venezuela). Des pays « qui représentent un potentiel commercial important pour le secteur des spiritueux de l'UE, mais qui posent en même temps des difficultés majeures en termes d'accès au marché ». Par ailleurs, compte tenu de leur ampleur et de leur portée, les négociations avec les États-Unis et le Japon pourraient également, estiment les industriels européens, déboucher sur des perspectives commerciales aussi prometteuses.