L'industrie laitière européenne se félicite de la proposition de la commission de l'agriculture du Parlement européen d'étendre le système de distribution de “lait à l'école” à d'autres produits laitiers, tels que le yaourt et le fromage. Dans sa proposition, la Commission européenne s'est en effet limitée à la distribution de lait dans les écoles pour répondre au problème de déclin de la consommation de ce produit par les jeunes.
European Dairy Association (EDA), le lobby de l'industrie laitière européenne, se dit satisfait du soutien apporté par les membres de la commission de l'agriculture du Parlement européen quant à l'opportunité d'étendre la liste des produits éligibles au financement communautaire du système de distribution gratuite de produits laitiers dans les écoles. Les fromages et les yaourts étant nommément désignés dans le rapport de Marc Tarabella (social-démocrate, Belgique). Celui-ci convient d'autoriser les États membres, sous certaines conditions, à distribuer du fromage et des yaourts car, explique-t-il, « les ferments de fromage et de yaourt digèrent le lactose et offrent une bonne alternative à ceux qui n'aiment pas le lait pour son goût, qui le rejettent ou qui ont des difficultés à le digérer ». EDA se félicite également de la reconnaissance par les eurodéputés du rôle essentiel de la consommation de produits laitiers à un âge précoce. « Refuser d'inclure une catégorie plus large de produits laitiers éligibles au régime de distribution de lait dans les écoles pourrait conduire à une aggravation de la tendance négative de la baisse de la consommation de lait et à des carences en micronutriments chez les enfants », avertit l'industrie laitière. S'appuyant sur une série d'études (forcément choisies) qui vont dans le sens de ses arguments, l'industrie laitière souligne l'importance des produits laitiers pour la santé et le bien-être non seulement des enfants et des adolescents en particulier dans la phase critique de la croissance et le développement, mais également des seniors. Ainsi, plusieurs études auraient montré que la consommation de calcium et de protéines pendant l'enfance et la puberté aurait contribué à réduire considérablement le risque futur de l'ostéoporose. D'autres études auraient démontré un effet bénéfique de la consommation de yaourt sur plusieurs résultats cardiométaboliques y compris une réduction du risque de diabète de type 2, l'hypertension et l'accident vasculaire cérébral, mais aucun effet indésirable sur la maladie coronarienne. Une autre étude aurait montré de son côté une augmentation de l'obésité infantile coïncidant avec une baisse de la consommation de produits laitiers et une augmentation de la consommation de boissons sucrées pauvres en éléments nutritifs.
UNE CONSOMMATION DE LAIT EN BAISSE DEPUIS LES ANNÉES '60
European Dairy Association regrette qu'en dépit de sa contribution à l'apport en nutriments, la consommation de lait et de produits laitiers par les enfants et les adolescents a diminué au cours des dernières années. Depuis 1965, la consommation de lait aurait diminué de 74 %, et dans le même temps, la consommation de jus et de boissons gazeuses aurait augmenté de 118 % ! L'association constate que si plusieurs États membres de l'UE, comme par exemple la France, la Belgique, l'Irlande ou l'Espagne recommandent environ 3 à 4 portions de produits laitiers par jour pour les enfants, de nombreux enfants dans d'autres Etats membres ne peuvent pas à répondre aux recommandations alimentaires liées à la consommation de produits laitiers et aux exigences en nutriments. EDA note également que lorsque le lait est retiré de l'alimentation, il est souvent remplacé par des aliments et des boissons potentiellement pauvres en nutriments énergétiques.
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PROCHAINES ÉTAPES
En ce qui concerne le processus d'adoption d'une proposition législative dans l'Union européenne, la proposition de règlement de la Commission européenne a été débattue à plusieurs reprises par les membres de la commission de l'agriculture du Parlement européen. Pas moins de 336 amendements au total ont été apportés au projet de rapport de Marc Tarabella. Le vote de celui-ci en commission parlementaire pourrait intervenir dans le courant du mois de mars-avril prochain.