La direction prise actuellement par les négociations agricoles au sein de l'OMC suscite des préoccupations au sein de l'EDA, l'Association de l'industrie laitière européenne. En point de mire le document de travail du président du Comité spécial de l'agriculture, Crawford Falconer, porteur de nouvelles concessions de la part de l'UE qui porteraient sur l'efficacité de la clause de sauvegarde (supposée être une garantie contre les possibles instabilités sur les marchés agricoles) et sur les contraintes qui pourraient peser sur son secteur suite à l'élimination des restitutions à l'exportation prévue en 2013.
Si elle souligne sa volonté de contribuer à aboutir à un « résultat équilibré » des négociations agricoles au sein de l'OMC, l’industrie laitière européenne n'est pas prête à accepter les concessions qui figurent dans divers documents de travail de l'ambassadeur néo-zélandais Crawford Falconer, le président du Comité spécial de l’agriculture de l’OMC. En prévision d’une deuxième version du projet de document de travail sur les négociations agricoles Ces documents seraient rendus publics fin janvier ou début février 2008, celui-ci a distribué un certain nombre de communications au cours des dernières semaines (sur la concurrence à l’exportation, le soutien interne et l’accès au marché) qui ont alerté les responsables de EDA.
Restitutions à l’exportation
Ceux-ci rappellent dans un communiqué que si l’UE a bien accepté d’éliminer progressivement ses restitutions à l’exportation en 2013 c’était à condition que cela porte sur les montants en valeur et non pas sur les volumes d’exportation bénéficiant de soutien. Une entrevue entre la Commission européenne et les experts d’EDA avait explicitement confirmé cette condition en décembre 2007. N’empêche : dans les documents de travail de Falconer des dispositions sur les volumes d’exportations sont bien prévues d’où le malaise de l’industrie laitière européenne, même si elle reconnaît par ailleurs que l’ambassadeur néo-zélandais est bien connu dans le milieu pour être provocateur « juste pour animer le débat entre les membres de l’OMC ».
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Clause de sauvegarde
La clause spéciale de sauvegarde, qui est censée protéger le marché interne contre toute distorsion de concurrence, pose également problème à l’industrie laitière européenne. Selon elle, les restrictions apportées par les projets de M. Falconer à l’efficacité de cette clause sont telles que « toute utilisation effective de cette clause dans le secteur laitier ne serait pas possible ». Si elle accepte de procéder à une importante réduction des taxes à l’importation, l’industrie laitière souhaite, comme elle en a le droit, pouvoir protéger un certain nombre de ses produits dits sensibles, comme le beurre par exemple. En tout état de cause, l’industrie laitière estime que les « choses ont été trop loin et que l’Europe est en train d’offrir beaucoup plus qu’elle ne reçoit », notamment de ses principaux partenaires commerciaux que sont les Etats-Unis, le Canada ou la Nouvelle-Zélande. EDA exhorte donc la Commission européenne à revenir à la table de négociation à l’OMC en tenant compte des recommandations de l’industrie laitière et en n’outrepassant pas le mandat qui lui a été confié.