Mariann Fisher Boel devait présenter ses propositions législatives pour la réforme du marché du sucre, le 22 juin. Elle devait privilégier une réforme à long terme afin de donner des perspectives au secteur jusqu’en 2015. Mais préconiser une chute rapide des cours du sucre favorisée par une suppression du prix d’intervention, remplacé par un prix indicatif 39% inférieur au prix actuel.
Le Comité européen des fabricants de sucre (CEFS) s’inquiète des « omissions » contenues dans la proposition de Mariann Fisher Boel pour réformer le marché du sucre. Alors que la commissaire à l’agriculture devait présenter ses propositions législatives, le 22 juin, à Bruxelles, en présence du commissaire Louis Michel, chargé de l’aide au développement, le CEFS dénonce l’absence de prise en compte des éléments extérieurs au marché européen dans l’architecture générale de la réforme. Résultat : le prix du sucre en Europe ne sera pas suffisamment rémunérateur et ne sera plus rentable pour assurer des perspectives de long terme pour le secteur sucrier européen. Cette situation ne profitera pas aux Pays les moins développés (PMA) mais aux grands producteurs tel le Brésil. Le lobby se dit « confiant que le Conseil et le Parlement européen vont corriger et adapter cette proposition » pour compenser son impact négatif et ses « omissions ».
« Pas de politique externe »
Les sucriers notent toutefois quatre points positifs retenus par la commissaire : une visibilité à long terme jusqu’en 2015, sans révision à mi-parcours ; un plan de restructuration volontaire limité dans le temps ; des restitutions à l’exportation allouées en priorité aux produits à valeur ajoutée ; le maintien des aides à la production pour les usages chimiques.
Par contre, « le pilier politique externe est totalement absent de la proposition », dénonce le CEFS. « Une solide gestion quantitative des différentes sources d’approvisionnement est requise, pour une gestion équilibrée non seulement de la production européenne mais aussi des importations et des exportations », explique le Comité.
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Exportations
C’est pourquoi, le CEFS se dit en faveur d’une gestion quantitative des préférences à l’importation par l’interdiction du commerce triangulaire qui ne contribue pas au développement des PMA mais aux traders internationaux qui opèrent depuis le Brésil. Il demande par ailleurs de revoir les engagements européens en matière de sucre C, dans le cadre des négociations OMC ainsi que d’autres mesures pour maintenir un certain niveau de protection du marché européen.
En tout état de cause, les sucriers estiment leur activité en danger : « A court terme, personne ne sait comment le plan de restructuration va fonctionner ».