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PROGRAMME SCOLAIRE/DISTRIBUTION L'industrie veut faire entrer de nombreux produits laitiers dans la distribution scolaire

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Exclure de la liste – déjà restrictive – des produits éligibles aux subventions du Programme européen « Lait à l'école », la plupart des produits laitiers riches en nutriments serait un non-sens, estiment les responsables de l'industrie laitière européenne. À la veille du lancement des négociations interinstitutionnelles sur l'établissement de la liste des produits éligibles au programme européen « Lait à l'école », ceux-ci plaident, au contraire, pour l'inclusion du maximum de produits laitiers dans cette liste, au nom, disent-ils, « des bienfaits des produits laitiers riches en nutriments pour la santé des enfants».

Alors que les négociations tripartites (Conseil/Commission/Parlement) sur l'établissement de la liste des produits éligibles au programme européen « Distribution de lait à l'école » sont imminentes, European Dairy Association (EDA), le porte-voix de l'industrie laitière européenne, affirme qu'il continuera à plaider pour que le futur programme inclue une catégorie plus large de produits laitiers et non pas qu'il se limite, comme l'a proposé la Commission européenne, au seul lait de consom-mation. Certes, le Parlement européen, lors de sa session plénière du 27 mai 2015, a amélioré la donne en demandant que la liste des produits laitiers éligibles soit étendue aux « produits laitiers qui ont des effets positifs prouvés sur la santé des enfants comme par exemple le yaourt non aromatisé, le fromage et la caillebotte » (lait caillé sous l'action d'enzymes d'origine animale ou végétale, ndlr). Mais l'industrie laitière n'est pas tout-à-fait rassurée dans la mesure où elle constate que les amendements votés par le Parlement en mai dernier n'ont pas repris tous les produits laitiers qui figurent dans le programme actuel « Lait à l'école », comme par exemple le lait chocolaté additionné de jus de fruits et contenant du sucre ajouté ou du miel. Les responsables d'EDA émettent l'espoir en tout cas que, dans le cadre des négociations tripartites sur la version finale du nouveau programme européen, leur position sera prise en considération. À titre de rappel, dans l'option choisie par la Commission dans sa proposition de règlement du 30 janvier 2014 en ce qui concerne la liste des produits laitiers éligibles, celle-ci a proposé d'axer la distribution à l'école sur un seul produit: le lait de consommation (la teneur en matière grasse étant fixée par les autorités sanitaires nationales). Cependant, la Commission a prévu aussi que les Etats membres pourraient toutefois inclure un plus large choix de produits agricoles dans les mesures éducatives thématiques (programmes éducatifs), l'accent étant mis sur une alimentation saine et équilibrée.

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L'Union européenne applique actuellement deux programmes, dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), pour augmenter la consommation de certains produits agricoles par les écoliers : « Lait à l'école », qui distribue des produits laitiers et « Fruits à l'école », qui cofinance la distribution de fruits et de légumes. Ces deux programmes à destination des écoles ont été mis sur pied afin d'encourager la consommation de fruits et légumes et de produits laitiers, lesquels représentent des secteurs importants pour l'agriculture européenne puisqu'ils contribuent chacun pour 15 % environ à la valeur de la production agricole de l'Union européenne. Outre leur importance économique, ils sont également bénéfiques pour la santé publique et sont adaptés à une distribution aux élèves des établissements scolaires. Les raisons qui ont conduit à l'instauration de ces deux programmes sont toujours valables dans le contexte actuel de baisse de la consommation de fruits et légumes et de produits laitiers. En dépit des efforts de promotion de la santé et de promotion agricole déployés tant au niveau national qu'au niveau de l'Union pour accroître la consommation, la tendance à la baisse ne s'est pas inversée, notamment en ce qui concerne le lait de consommation et les fruits et légumes frais. Cette situation est notamment exacerbée par les habitudes de consommation modernes, qui tendent à privilégier les aliments très élaborés, souvent riches en sucres, sel et matières grasses ajoutés, et s'accentuera dans les jeunes tranches d'âge. Dans le même temps, l'obésité infantile est de plus en plus répandue dans l'UE. En ce qui la concerne, la Commission européenne estime nécessaire d'établir des mesures éducatives à l'appui du régime de distribution de lait dans les écoles pour assurer l'efficacité du système dans la réalisation de ses objectifs à court terme et à long terme, à savoir l'augmentation de la consommation de certains produits agri-coles et la promotion d'une alimentation plus saine. Elle considère aussi qu'étant donné que les mesures de soutien constituent un instrument essentiel pour rétablir le lien entre les enfants, d'une part, et l'agriculture et les différents produits qui en sont issus, d'autre part, ainsi que pour réaliser les objectifs du régime d'aide, il convient que les États membres soient autorisés à inclure un plus grand nombre de produits agricoles dans leurs mesures thématiques. Toutefois, pour promouvoir des habitudes alimentaires saines, les autorités sanitaires nationales doivent être associées à ce processus et approuver la liste des produits concernés, ainsi que les deux groupes de produits relevant du régime de distribution, et déterminer les aspects nutritionnels relatifs.