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En l’absence d’une autorisation de renouvellement pour son essai sur des peupliers OGM, l’Inra a mis fin à cette expérimentation, dans le Loiret, le 13 juillet.
L’attente est terminée : l’Inra a mis fin, le 13 juillet, à son essai en plein champ de peupliers OGM. Un projet destiné à étudier, notamment, la possible transformation du bois en biocarburant de 2e génération. L’Inra attendait en effet du ministère de l’Agriculture le renouvellement pour cinq ans de l’autorisation attribuée à cet essai lancé en 1995 et planté en 2008 dans le Loiret. Elle n’est pas venue. En conséquence, et conformément à l’autorisation de 2007, mais aussi en raison des « contraintes climatiques particulières du printemps 2013 et à leur influence sur l’expérimentation », l’Inra a décidé de dévitaliser la parcelle expérimentale. Le cabinet du ministre de l’Agriculture, justifie cette « décision assumée » par le fait « qu’il n’y avait pas de réel compromis entre les avis rendus ». D’un côté, l’Institut comptait pouvoir poursuivre ce travail et avait pour lui un avis favorable du comité scientifique du Haut conseil des biotechnologies qui jugeait les mesures destinées à limiter la dissémination « en adéquation avec les risques propres à l’espèce et à la conduite de l’expérimentation et de nature à prévenir toute dissémination ». En revanche, le comité économique, éthique et social de ce même HCB n’avait pas dégagé de majorité en ce sens et arguait qu’il ne voyait pas l’intérêt de procéder à un nouvel essai, « même si le risque direct est minime et quel que soit le montant des dépenses finalement engagées ».
Quelle recherche sur les OGM ?
« Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de recherche publique sur les OGM », assure le ministère. L’essai du Loiret était en effet le dernier essai sur des OGM en plein champ en France. Un programme national de recherche sur les risques sanitaires et environnementaux liés aux OGM, chapeauté par le ministère de l’Ecologie, est en cours depuis 2010, rappelle celui de l’Agriculture. Hasard du calendrier : dans le cadre de ce programme national Risk’OGM, un appel à constituer un consortium de recherche pour mener une étude de long terme sur la possible toxicité d’un OGM a été lancé le 12 juillet (voir notre article dans ce numéro).
L’Inra lui-même ne compte pas en rester là et entend monter des projets « pour approfondir et compléter les premiers résultats » de cet essai, mais aussi pour « maintenir des compétences et une expertise nationales publiques » dans ce domaine. L’institut se dit « prêt à proposer de nouveaux essais au champ et à conduire des recherches sur l’ensemble des enjeux associés. »
Pour l’AFBV, l’Association française des biotechnologies végétales, la fin de cet essai « confirme une nouvelle fois le déclin de notre pays dans la recherche sur la transgénèse dont on découvre pourtant tous les jours des potentialités nouvelles pour améliorer la génétique des plantes. » De son côté, IBV, Initiatives biotechnologies végétales (qui fédère l’interprofession des semenciers) a déploré, le 16 juillet, que la France « pourtant précurseur dans la recherche sur les OGM dans les années 1990, soit désormais absente de la course à l’innovation permise par cette technologie », et rappelle que dans les années 2000, elle comptait « plus de 170 essais, publics et privés, de cultures OGM ». Ils espèrent « qu’un sursaut des pouvoirs publics ouvrira, dans les années à venir, un changement de cap autorisant la relance de la recherche à la conquête de notre leadership désormais perdu ».
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