L’Inra vient de publier une étude sur l’exposition de la population française aux mycotoxines, minéraux, oligoéléments et éléments toxiques présents dans les aliments tels qu’ils sont consommés. Réalisée à l’initiative de la DGAL (direction générale de l’alimentation), du ministère de l’Agriculture et de l’Inra, avec la collaboration de l’Afssa, elle a pour but d’aider « les pouvoirs publics à la décision concernant la prévention et la santé du consommateur ».
L’étude que publie l’Inra révèle un niveau de contamination des mycotoxines, minéraux, oligoéléments et éléments toxiques observé sur les aliments « tels que consommés », globalement satisfaisant, au regard de la réglementation en vigueur. Concernant les mycotoxines, certains groupes de population comme les enfants et les végétaliens ou macrobiotes sont particulièrement exposés. Alors que la population adulte générale est globalement épargnée, pour ceux-là, le risque d’être exposés à un niveau supérieur aux valeurs toxicologiques de référence vis-à-vis de certaines mycotoxines existe. Par exemple, dans le cas de l’aflatoxine, la proportion d’individus « dont l’apport théorique dépasse la dose journalière tolérable » est quasiment nulle pour les adultes, de 3,4 % pour les enfants de 3 à 14 ans, et située entre 2,6 et 23 % pour les végétariens, plus forts consommateurs de fruits secs et de céréales que le reste de la population. Cette mycotoxine, présente dans les fruits secs, les arachides et céréales, est cancérigène sous l’une de ses formes. L’étude montre que la probabilité pour les populations étudiées d’être exposées aux risques nutritionnels posés par des sous-expositions ou des sur-expositions aux minéraux ou oligoéléments est faible. Cependant des carences ont été mises à jour : 8,6 % de la population adulte et 4,3 % de la population des 3 à 14 ans manquent de calcium et 7,2 % de la population adulte et 1,3 % des enfants manquent de magnésium. Le cuivre, oligoélément d’importance vitale, est l’objet de carences chez 7,3 % des adultes et 0 % des enfants.
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Une méthodologie commune à plusieurs pays
La possibilité d’être exposé à des risques sanitaires est également faible, les éléments toxiques ne posant pas de problème majeur : il n’a pas été constaté d’apports supérieurs à ce que promeut la réglementation. Outre les résultats qu’elle apporte, cette étude est intéressante par la méthode qu’elle a mise en œuvre. Elle présente trois avantages. Le premier est de permettre une estimation plus réaliste des niveaux d’exposition moyens et des forts quantiles des populations, au travers de la prise en compte exhaustive de la diète alimentaire telle qu’elle est consommée. Le second est qu’elle est un bon outil pour identifier les groupes ou les tranches d’âges plus fortement exposés (enfants, végétaliens …), reconnaître les groupes d’aliments contributeurs à l’exposition, surveiller l’alimentation et détecter des tendances utiles pour guider et orienter les programmes de surveillance. Enfin, troisième atout, cette étude est utilisable pour des comparaisons internationales car elle est construite sur une approche méthodologique semblable à ce qui est déjà réalisé par d’autres pays comme les Etats-Unis, la Chine, la Grande-Bretagne, l’Espagne.