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PAI L’international au cœur de la stratégie d’Eurosérum

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Créée il y a près de quarante ans, sous forme de société d’intérêt collectif agricole, à Port-Sur-Saône, dans l’est de la France, pour traiter et valoriser les excédents de production de lactosérum en ingrédients sous forme de poudre pour les industriels de l’agroalimentaire, Eurosérum a également su développer au fil du temps une large gamme d’ingrédients laitiers fonctionnels pour les secteurs de la chocolaterie, des produits laitiers frais, des plats préparés. Dans le même temps, elle s’est imposée comme le leader mondial sur le marché du lactosérum déminéralisé destiné à la fabrication de lait infantile. Ses produits sont fabriqués dans 12 usines, dont 2 à l’étranger, par près de 600 salariés en 2012 pour un volume global de 300 000 tonnes de poudres de produits laitiers par an. Dès sa création, Eurosérum s’est très rapidement ouverte à l’international. Avec plus de 70% de ses productions qui franchissent les frontières françaises, l’export est au cœur de la stratégie de l’entreprise, comme l’explique à Agra Alimentation Yves Rambaux, président de la société.

Comment expliquez- vous une telle volonté de conquérir les marchés étrangers ?

La dimension internationale fait véritablement partie de l’ADN d’Eurosérum, elle n’est pas issue d’une stratégie récente. Depuis toujours, Eurosérum exporte ses produits dans le monde entier. Deux raisons principales sont à l’origine de ce développement. D’une part, nos clients eux-mêmes sont des groupes internationaux qui possèdent des usines de production à travers le monde. Les accompagner, c’est aussi savoir gérer l’export pour les livrer dans les meilleures conditions. D’autre part, nos produits s’adressent à un marché extrêmement large et mondial. Ils sont utilisés dans de nombreux pays, pour des applications variées.

Concrètement, comment se matérialise cette présence à l’international, en termes de production et de réseaux commerciaux ?

L’activité d’Eurosérum est étroitement liée à la proximité avec la matière première, le lactosérum. L’implantation de nos sites de production dépend donc davantage de nos zones de collecte que du lieu de consommation de nos produits. En France, que ce soit à l’ouest ou à l’est de la France, Eurosérum a la chance de disposer d’un lactosérum de qualité exceptionnelle issu des productions fromagères de type pâte pressée cuite (Emmental ou Comté par exemple). Si Eurosérum dispose de deux usines à l’étranger, le développement international passe davantage par l’activité export que par la volonté de produire à proximité des marchés cibles. S’appuyant sur des partenariats solides et une force de vente dédiée à l’export, Eurosérum peut être proche de ses clients, sans pour autant produire sur leur sol.

Y-a-t-il une stratégie de diversification ou au contraire une volonté affirmée de rester sur un cœur de métier et pourquoi ?

Depuis 1979 et la création de sa 1ère ligne de déminéralisation, Eurosérum est devenue leader mondial sur le marché du lactosérum déminéralisé destiné à la production de lait infantile. Si cette activité représente véritablement le cœur de métier de l’entreprise, elle n’en a cependant jamais été la seule. Eurosérum propose également une gamme variée d’ingrédients pour les industries agroalimentaires : poudres de lactosérum standard et premium, ingrédients formulés fonctionnels pour application spécifique, poudres de lactosérum enrichi en matières grasses, poudres de lait...
Au-delà de la notion de cœur de métier, la mission d’Eurosérum est avant tout d’accompagner ses clients à travers le monde dans l’accessibilité au plus grand nombre de produits nutritionnels, par la valorisation du lait et du lactosérum de ses sociétaires et de ses partenaires dans le respect de la nature et des hommes.

Votre développement est-il contrarié par des freins tels que des contraintes administratives, législatives, sanitaires, hygiène, approvisionnement ou autres ?

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Si Eurosérum a su développer son activité export, c’est en considérant très tôt que les spécificités géographiques représentaient des opportunités de se dépasser et de se positionner au long terme sur les marchés mondiaux. Apprendre à gérer ces spécificités et anticiper les besoins de ses clients ont été pour Eurosérum deux forces importantes de croissance.

Quelles sont vos perspectives de développement et les marchés que vous jugez les plus prometteurs ?

L’Asie et notamment la Chine, l’Europe de l’Est et l’Afrique représentent des marchés importants pour nos différentes gammes de produits.

En tant qu’acteur de la filière laitière dans son ensemble, comment réagissez vous aux grandes tendances actuelles de celle-ci : concentration et rapprochement de sociétés, fluctuation des cours des matières premières et donc du lait. Existe-t-il encore une place pour les entreprises de niches ou vont-ils être laminés par la puissance de feu des multinationales à la recherche de produits à plus forte valeur ajoutée ?

En ce qui concerne Eurosérum, l’intégration au sein d’un grand groupe laitier comme Sodiaal en janvier 2011 est à l’origine d’un nouveau dynamisme. En tant que 1er groupe coopératif laitier français et 4e en Europe, le groupe Sodiaal confère à Eurosérum une nouvelle dimension et une plus grande visibilité.

Quel premier bilan pouvez-vous tirer de cette intégration et quelles sont les synergies qui ont pu être mises en place ou restent encore à faire ?

Après 18 mois au sein du nouveau groupe Sodiaal, le bilan est extrêmement positif pour Eurosérum. Ce nouvel essor apporté par le groupe se traduit par de nouveaux projets et des investissements alloués mais également au niveau humain, par le partage des valeurs coopératives, un fondement solide qui guide l’ensemble du groupe dans une démarche à la fois ambitieuse et responsable.