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SNIV-SNCP L’interprofession bovine devrait élever le débat, selon les industriels

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Plutôt que de « se replier sur des questions spécifiques et sectorielles », Interbev devrait s’intéresser aux nouveaux enjeux de la politique alimentaire, estiment les industriels de la viande, dans un courrier adressé au président de l’interprofession bovine. Le SNIV-SNCP estime qu’il y a urgence à développer une véritable réflexion stratégique au sein de la filière.

L’interprofession bovine devrait s’intéresser aux nouveaux enjeux de la politique alimentaire, estiment les industriels de la viande. Leur syndicat, le SNIV-SNCP a écrit en ce sens au président d’Interbev, Denis Sibille, un courrier lui demandant d’engager de toute urgence une réflexion stratégique sur l’interprofession. « Dans un contexte extrêmement tendu pour les différents acteurs des filières viandes, le constat est que les débats interprofessionnels se replient sur des questions spécifiques ou sectorielles », peut-on lire dans le dernier Flash du syndicat de la viande. « Or, pour les industriels de la viande au contact permanent des marchés et des évolutions réglementaires, ces débats ne sont pas en phase avec les profondes mutations en cours.
Depuis le début des années 2000, les filières viandes sont l’objet de nouvelles réglementations qui préparent une véritable révolution : la mise en place d’une politique de l’alimentation après des décennies d’une politique exclusivement agricole. Cette révolution a été amorcée avec le paquet hygiène qui met en avant la notion de chaîne alimentaire. Les producteurs y deviennent des acteurs de la chaîne alimentaire et, à ce titre, ont une responsabilité en matière de sécurité alimentaire du produit. Autre étape, le découplage des aides agricoles qui replace le produit agricole face à son marché : un produit alimentaire devant justifier sa valeur marchande ».

Des échéances sanitaires et une loi fin 2010
Le SNIV évoque aussi l’évolution du ministère de l’Agriculture devenu, avec Bruno Le Maire, le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture, ainsi que la mise en place, le 1er janvier prochain de l’ICA, « l’information sur la chaîne alimentaire », pour les bovins et porcins avec, pour les éleveurs, l’obligation de transmettre à l’aval des informations sanitaires. Puis, entre janvier et mars 2010, les Etats généraux du sanitaire qui travailleront à définir le rôle et la responsabilité de chacun des acteurs de la chaîne alimentaire… avec en perspective une nouvelle loi pour fin 2010. « Que disent toutes ces évolutions ? Simplement, selon les industriels, que le slogan « de la fourche à la fourchette » a vécu. La chaîne alimentaire commence désormais par le consommateur et tous les acteurs de la filière doivent repenser leur rôle à partir et au sein de cette chaîne. De même, les choix communautaires de la PAC après 2013 ne se justifieront qu’autour d’une « alimentation sûre et de qualité » (1). Etre la cheville ouvrière de cette nouvelle politique de l’alimentation au sein des filières viandes, voilà le projet politique ambitieux pour nos interprofessions. Un projet mobilisateur pour engager la décennie 2010 sur des bases solides et qui permettra de redonner à chaque famille professionnelle sa juste place dans des débats constructifs et novateurs », conclut la lettre du syndicat.

(1) Cf la communication récente de Bruno Le Maire lors de l’installation du nouveau CNA – in Agra alimentation n° 2087 du 03.12.2009 page Une

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