Les professionnels de l’œuf sont toujours en discussion avec la grande distribution pour le financement d’un fonds destiné à aider les producteurs à passer de la production standard à l’alternatif. Depuis le début de l’année, la consommation d’œufs bio par les ménages français a progressé de 14,7 %.
« On veut faire 50 % d’œufs alternatifs d’ici 2022 », a rappelé Philippe Juven, président du CNPO (interprofession de l’œuf), lors du lancement du contrat sociétal d’avenir (CSA) en conférence de presse à Paris, le 14 octobre. Aujourd’hui, 32 % des œufs produits en France le sont dans des élevages alternatifs (sol, plein air, bio), le reste provenant des élevages en cages aménagées. Avec le CSA, la filière entend répondre à une demande de plus en plus forte pour les œufs alternatifs. « Nous avons estimé cette transition à 500 M€ », confirme Maxime Chaumet, secrétaire général du CNPO. Ce montant inclut les travaux, mais aussi l’achat de foncier pour les parcours des poules.
L’interprofession prépare depuis plusieurs mois un projet de fonds financé par l’aval de la filière (distribution, transformateurs) pour accompagner cette évolution. « Nous sommes en discussion avec nos partenaires financiers », explique Philippe Juven, qui rencontrait encore un distributeur la semaine suivant la conférence de presse. L’interprofession veut faire contribuer l’aval de la filière à l’effort financier que va demander la conversion d’une partie de la production.
La puissance publique participe à sa manière à l’effort collectif ; dans une vidéo projetée lors de la conférence de presse, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a expliqué qu’il demandera aux Régions d’intégrer les objectifs de la filière, afin qu’elles puissent financer des investissements dans la production d’œufs alternatifs dans le cadre du plan de modernisation (PCAE). Ce plan est géré par les Régions, mais co-financé par la France et l’UE.
Œufs bio : +14,7 % depuis le début de l’année
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Dans le cadre de ce plan, l’interprofession s’est par ailleurs engagée à renforcer la charte « pondu en France », en y intégrant les démarches Ocalim et Duralim qui concernent la qualité et la durabilité de l’alimentation des volatiles. Elle s’engage également à déployer une nouvelle méthode d’évaluation du bien-être, grâce à une application smartphone, dont le développement a été soutenu par le ministère de l’Agriculture. Le CNPO a par ailleurs lancé un projet de recherche sur l’évolution des élevages de poules pondeuses, pour essayer d’appréhender à quoi ressemblera la production standard du futur.
La production française d’œufs de cage est en surproduction de 101-102 % depuis 2013. Elle a diminué de 3 % depuis le début de l’année ; il s’agit d’une adaptation de la production à la demande, qui se manifeste moins par des arrêts de production que par des baisses organisées par les groupements de producteurs. Cette baisse répond aussi à une diminution des achats d’œufs de cage des ménages sur la même période (-1,2 % en tonnages). Ces achats se reportent sur le plein air (+5,9 %) et l’agriculture biologique (+14,7 %).