À l’occasion du lancement de la saison du foie gras, les responsables du Cifog, interprofession du secteur, ont indiqué devant la presse le 18 octobre qu’ils sont vigilants face au risque de contagion de la grippe aviaire, mais sans être pour autant alarmistes.
« Nous ne sommes pas sereins», a déclaré Alain Labarthe, président du Cifog, évoquant le caractère imprévisible de l’irrationnel des consommateurs, qui peut toujours réserver des surprises dans les prochaines semaines, sachant que 70% du chiffre d’affaires annuel se réalise en novembre et décembre. « Nous avons pris note des risques et avons diffusé les consignes de précautions à nos éleveurs », comme par exemple les pédiluves à l’entrée des bâtiments d’élevage pour les personnes étrangères aux élevages. « Mais il n’y a pas lieu d’être plus alarmistes que cela, car nos produits sont cuits, et quand ils ne le sont pas, nous indiquons au consommateur que le foie gras doit se consommer cuit ». « C’est d’abord une menace pour la santé animale. Ensuite éventuellement un risque de zoonose (de transmission à l’homme à partir d’une forte densité d’infection sur le bétail) », a précisé Jean Schwebel, p. -d. g. de Feyel-Artzner (Alsace) et représentant les transformateurs au Cifog. Quant à l’incidence de la grippe aviaire sur la production, elle ne peut être, en tout état de cause, que marginale, car l’essentiel de la production est réalisé pour les ventes de Noël. « Nous sommes prêts à fournir le marché en qualité et en quantité », a ajouté M. Schwebel. Et de conclure : « Le consommateur peut se priver d’un plat agréable. C’est son choix. Mais aujourd’hui nous n’avons pas d’éléments sur ce type de réaction ». Par ailleurs, l’Assemblée nationale a déclaré le 17 octobre à l’unanimité, le foie gras « patrimoine culturel et gastronomique » français, jugeant qu’il remplissait « tous les critères objectifs qui permettent de le placer de façon incontestable dans le patrimoine national ». Cette disposition, d’une portée plus symbolique qu’effective, est « déjà un premier pas » en attendant une reconnaissance similaire par d’autres pays producteurs, comme l’Espagne, selon M. Labarthe, et éventuellement des pays amateurs comme le Royaume-Uni.
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