Après le retrait du collège producteurs des travaux du Cniel, chacun campe sur ses positions. Contraint d’annuler la réunion du conseil d’administration prévue la semaine prochaine, son président prépare un budget provisoire pour 2025.
Voilà plus d’une semaine que les producteurs pratiquent la politique de la chaise vide au Cniel. Malgré trois tentatives, le président de l’interprofession laitière n’est pas parvenu à rétablir le dialogue entre les collèges, explique Pascal Le Brun dans une lettre adressée aux membres du conseil d’administration, le 10 décembre. Il y informe les administrateurs de sa décision d’annuler la réunion du conseil d’administration prévue le 17 décembre et appelle les élus « à prendre la mesure de cette décision » dans un contexte de blocage « qui paralyse les travaux interprofessionnels ». « Nous devons impérativement reprendre la dynamique interprofessionnelle pour avancer sur les chantiers qui fondent notre socle commun », affirme Pascal Le Brun.
Le conseil d’administration devait notamment adopter le budget de l’interprofession pour l’année 2025. Dans l’attente de la prochaine réunion qui doit se tenir le 8 janvier, un « budget provisoire » sera établi, identique au budget rectificatif voté en septembre 2024 (à l’exception du budget dédié à l’organisation du Sommet de la Fil). Autre sujet à l’ordre du jour : « l’avancée des dix chantiers prioritaires » du Cniel, dont l’actualisation de la démarche France Terre de lait (RSE).
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La Fnil défend sa position
Le 3 décembre, le collège des producteurs a suspendu ses travaux au sein du Cniel face au refus des laiteries privées de valider la publication d’un nouvel indicateur Ipampa. Puis, dans une déclaration commune du 5 décembre, les producteurs, les coopérateurs et les distributeurs ont sommé les industriels de changer de position dans le cadre des discussions sur les indicateurs de référence.
Le lendemain, par voie de communiqué, les laiteries « privées » représentées par la Fnil ont assuré souhaiter « un dialogue constructif et apaisé », tout en défendant leur position. La Fnil se déclare « favorable à la publication au niveau interprofessionnel d’indicateurs permettant d’éclairer de manière pertinente et juste les négociations entre des opérateurs économiques ». Une position conditionnée au « strict respect du droit de la concurrence ». Concernant les coûts de production, les industriels privés souhaitent un renforcement de la méthodologie et de la « représentativité » de l’indicateur. Les privés considèrent qu’il n’existe pas d’accord interprofessionnel portant sur la reconnaissance de cet indicateur, ce que contestent les producteurs. La Fnil ajoute, dans son communiqué, qu’elle espère également voir « aboutir les travaux sur l’indicateur beurre poudre » lancés « il y a plus de deux ans ».