Abonné

Interprofession/Lait L’interprofession laitière se fixe rendez vous pour le 12 décembre

- - 4 min

Une table ronde a réuni les acteurs de la filière laitière, de la production à la distribution, jeudi 10 octobre à Paris, autour des deux ministres en charge de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire et des représentants des pouvoirs publics. Les participants se sont séparés plutôt satisfaits, mais sans se départir d’une certaine prudence. Ils se reverront, mais entre professionnels seulement, le 12 décembre prochain, répondant en cela au souhait émis par Stéphane Le Foll de les voir « se prendre en main et sortir d’une logique conflictuelle ».

Stéphane Le Foll et Guillaume Garot avaient réuni le 10 octobre l’ensemble des acteurs de la filière laitière, organisations syndicales agricoles, coopératives laitières (FNCL), industriels (Fnil et Atla), grande distribution (FCD et affiliés, et des enseignes indépendantes) ainsi que le médiateur nommé pour le lait, Francis Amand, FranceAgriMer représenté par Philippe Boyer et la DGCCRF.
Le ministre de l’Agriculture leur a demandé de « créer un véritable dialogue pour construire un esprit de filière » et de rémunérer correctement les éleveurs. Il a dit « faire confiance aux interprofessions pour être le lieu des futures discussions ». Celles-ci ont accepté et se sont fixé un prochain rendez-vous pour le 12 décembre, sans la présence des pouvoirs publics.
 
Pour un bon équilibre au sein de la filière
Pour Dominique Chargé, président de la FNCL, la réunion a permis de « consolider le rôle confié à la médiation en avril, notamment en prévision de l’année 2014 en intégrant les hausses consenties en 2013 pour l’année suivante ». Il espère que la réunion prévue le 12 décembre entre l’interprofession et la grande distribution sera l’occasion « de commencer à créer un climat de confiance » indispensable à la veille de l’ouverture des négociations commerciales. Un élément majeur de cette réunion aura été, selon lui « d’identifier clairement la guerre des prix entre distributeurs comme un élément destructeur de valeur qui fragilise les capacités commerciales des transformateurs ». Il souligne que les pouvoirs publics ont entre leurs mains deux propositions législatives dans le cadre de la loi sur la consommation qui permettront d’amender la LME. D’une part, rendre incontournables les CGV (conditions générales de vente) comme base des négociations tout en donnant à l’administration (DGCCRF) les moyens pour exercer les contrôles nécessaires au respect de ces règles. S’il y a lieu, les contrevenants devront être soumis à des amendes conséquentes. La seconde proposition vise à interdire la publicité comparative. Jacques Creyssel, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), s’est pour sa part refusé à nous faire tout commentaire à l’issue de la réunion. Il nous a cependant été rapporté que Jérôme Bédier, ancien président de la FCD devenu secrétaire général du groupe Carrefour (adhérent de la FCD), s’est fortement opposé, lors de la table ronde, à la guerre des prix le plus bas à laquelle se livrent les enseignes. Il visait notamment le groupement indépendant Leclerc. Les industriels représentés par la Fnil partagent également ce souhait que la grande distribution mette un terme à cette guerre des prix. Ils veulent que soit mis fin à une pratique qui voit « la distribution accorder d’une main des hausses techniques en exigeant de l’autre main des compensations financières au moins équivalentes pour financer leur guerre des prix ». Une guerre qui interdit aux industriels d’investir, à l’inverse de ce que font les concurrents européens qui préparent utilement l’après-quota laitier en 2015. Ils se félicitent donc que la réunion du 10 octobre ait acté que les hausses consenties en 2013 servent de point de départ pour les négociations de 2014.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

grande distribution
Suivi
Suivre