Abonné

Foie gras L’interprofession préconise une baisse de 10% de la production pour passer la crise

- - 3 min

Pour la première fois depuis plus de 10 ans, les exportations françaises de foie gras ont connu une baisse en 2008. Sur le marché intérieur, la consommation s’est maintenue malgré un contexte difficile. Afin de passer au mieux une année 2009 qui s’annonce similaire à 2008, l’interprofession (Cifog) demande à ses adhérents de diminuer la production de 10 % pour adapter l’offre à la demande.

Les professionnels du foie gras estiment avoir bien résisté en 2008 malgré un contexte difficile de baisse générale de la consommation des ménages. Le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) a indiqué jeudi 26 mars que les ventes de foie gras avaient progressé de 1,4 % en valeur mais avaient connu un tassement de 1,8 % en volume. En 2007, les volumes avaient augmenté de 4 % et le chiffre d’affaires de 7 %. Les Français ont continué à acheter du foie gras malgré la crise, s’est félicitée l’interprofession. Selon un sondage TNS Worlpanel présenté par le Cifog, les foyers ont acheté 1,8 fois du foie gras et dépensé 28,40 euros l’an dernier, contre 1,9 acte d’achat et 29,53 euros en 2007.

Les exportations subissent la crise

Les débouchés en France se sont donc maintenus, mais les exportations ont enregistré un repli de 16 %. C’est la première fois depuis plus de 10 ans qu’elles connaissent une baisse. Une situation qui s’explique par une parité euro/dollar défavorable en début d’annnée et suivie de la crise financière internationale. La France a expédié 2 655 tonnes de foie cru (-11 %) et 2 029 tonnes de préparations (-20 %). L’Espagne, premier importateur de foie gras français (32 % des expéditions), a diminué ses achats de 12 %, tout comme le Japon (troisième importateur mondial). Mais parallèlement de nouveaux marchés semblent émerger comme les Émirats arabes unis, les pays scandinaves ou encore le Mexique qui affichent de belles progressions. Et malgré cette baisse des exportations, la balance commerciale française reste excédentaire de 57,4 millions d’euros – contre 65 millions en 2007 – grâce à la diminution concomitante des importations (-11 %).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La France en surproduction

Le Cifog recommande donc à ses adhérents une baisse de la production de l’ordre de 10% pour 2009 de manière à atteindre une meilleure adéquation entre l’offre et la demande. « Ces derniers temps, la consommation augmentait de 4% par an et les mises en place de près de 7%. Crise ou pas crise je pense qu’il y avait depuis quelques années une inadaptation de l’offre à la demande », explique Thierry Blandinières, responsable de la commission communication du Cifog. L’interprofession souhaite donc profiter de la crise internationale pour faire passer son message de réduction de la production. La forte concentration du secteur – les quatre plus grosses entreprises (Labeyrie, Delpeyrat, Euralis, Les Délices d’Auzan) représentent 60 % du marché – devrait faciliter l’application de cette préconisation. Les professionnels espèrent ainsi maintenir leurs résultats en 2009 pour repartir de plus belle dès 2010.