Abonné

Semences L’interprofession veut préserver son organisation

- - 3 min

Inquiète des attaques qu’elle subit depuis plusieurs mois de la part de ses détracteurs, l’interprofession des semences de grandes cultures a tenu à réaffirmer en conférence de presse le 23 octobre sa foi dans son organisation. Si elle ne s’oppose pas à des aménagements, elle souhaite qu’un certain nombre de principes soient respectés.

L’interprofession des semences de grandes cultures n’est pas sereine. Et le vote en première lecture, mardi 21 octobre, de la loi dite « Grenelle 1 » ne l’a pas particulièrement rassurée. « La politique génétique des semences et races domestiques aura pour objectif de généraliser, au plus tard en 2009, le dispositif d’évaluation des variétés, d’en étendre les critères aux nouveaux enjeux du développement durable et d’adapter le catalogue des semences aux variétés anciennes », indique notamment l’article 28. L’interprofession n’est pas contre, bien sûr. Concernant les variétés anciennes, « nous ne sommes pas opposés à l’ouverture du catalogue, qui existe déjà pour les variétés potagères, a précisé Philippe Gracien, directeur du Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences), le 23 octobre en conférence de presse à Paris. Mais si les règles sont aussi strictes que pour les variétés conventionnelles ». La filière veille à la sauvegarde du système français, qu’elle sent menacé. Depuis plusieurs mois, « nous constatons que tout un mouvement d’organisations remet en cause les fondements réglementaires » de la filière française de production de semences, a indiqué Philippe Gracien.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre

Des producteurs attachés au système d’homologation

Selon le professionnel, le système hexagonal est jugé « trop restrictif ». Des attaques semblent également surgir contre le COV (Certificat d’obtention végétale). Or, selon Philippe Gracien, « c’est un système équilibré qui laisse un espace de liberté aux agriculteurs ». Christophe Terrain, vice-président d’Orama, branche de la FNSEA spécialisée dans les grandes cultures, a tenu à rappeler « combien nous sommes attachés à notre système qui est exemplaire pour les céréales à paille ». Pour Hervé Le Stum, directeur de l’AGPB (Association générale des producteurs de blé), la CVO (Cotisation volontaire obligatoire) sur blé tendre, mise en place via l’accord interprofessionnel signé en 2001, est un moyen pour que « les sélectionneurs voient leurs efforts rémunérés » ce qui permet d’ « entretenir la diversité ». La filière évolue donc avec mesure. Elle réfléchit par exemple depuis plusieurs mois à la création d’un protocole à bas niveau d’intrants pour faciliter l’homologation de variétés plus rustiques. Mais il faudra encore attendre quelques temps pour voir ce protocole mis en place.