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Chine/Financement L’introduction en Bourse de Huishan Dairy, signe de la consolidation de l’industrie laitière

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En pleine alarme au botulisme provoquée par le néo-zélandais Fonterra qui a redoré le blason des laiteries chinoises, l’introduction en Bourse de China Huishan Dairy Holdings Co a été une réussite financière. Cette opération témoigne également de l’accélération du mouvement de consolidation du secteur laitier en Chine.

Le groupe agroalimentaire Huishan Dairya réussi à lever sur la place de Hong Kong, 1,3 milliard de dollars locaux,(HKD), soit 124 millions €, dont 870 M HKD d’argent frais,. Quelque 3,8 milliards de titres ont été vendus au prix de 2,67 HKD. Un prix situé dans le haut de la fourchette proposée pour cette IPO (Initial Public Offering) et qui correspond à 17 fois les prévisions de bénéfices de l’entreprise pour 2014. Basée dans la ville de Shenyang (nord de la Chine). Elle détient 13,7% de parts de marchés, selon une étude de Frost et Sullivan. China Huishan Dairy Holdings Co réalise 2 552 millions de yuans (RMB), soit 308 millions € de chiffre d’affaires et 1 013 millions RMB (122,4 M€) de bénéfice. Son président et actionnaire, Yang Kai, incarne la volonté des dirigeants chinois de consolider et de moderniser la filière du lait sur un marché qui reste très en retard en termes de consommation per capita (15,9 kilos/an contre 65 kilos/an dans l’Union européenne).
 
Un groupe totalement intégré
Employant 7 500 salariés, le groupe se définit comme « un pionnier, le premier groupe laitier totalement intégré (from grass to glass) en Chine, indique le document d’introduction en bourse. Il est présent sur tous les maillons de la filière. Grand producteur de luzerne, il est propriétaire d’un troupeau de 110 000 têtes (Holstein et Jersey), le deuxième du pays. L’entreprise a d’ailleurs commencé à investir dans l’achat de terre (il dispose de l’équivalent de Hong Kong en surface de production) et la fabrication d’aliments pour animaux, avant de développer des fermes dans la province de Lianing (50 fermes aujourd’hui) et de racheter des usines de transformation dont la laiterie de Shenyang, devenue filiale à 100%. Sur le plan industriel, sa capacité de production s’élève à 90 000 tonnes de lait liquide et 26 000 tonnes de lait en poudre. En outre, elle est la seule entreprise chinoise à avoir obtenu l’aval des autorités pour la vente de poudre de lactosérum D90. Son chiffre d’affaires se répartit ainsi : 3,4% (lait en poudre), 26,7% (lait cru vendu à d’autres transformateurs), 66,9% (lait transformé).
 
Des taux de croissance élevés
De création récente (2009), le groupe affiche des taux de croissance élevés. Entre 2011 et 2013, son chiffre d’affaires a progressé de 161,2% pour atteindre 2 552 M RMB (soit 308 M€). Sur la même période son bénéfice net a connu une hausse de 459%. Il s’élève à 1,013 M RMB (122,4 M€). A en juger par sa marge brute, l’entreprise est profitable. Sa marge brute s’élève à 58% dans la production (fermes agricoles) et à 54% dans la transformation. Dotée d’une douzaine de marques, Huishian s’est fixé pour objectif « de construire la première marque de produits laitiers, appréciée pour sa qualité et sa sécurité, inspirant confiance aux consommateurs chinois, et ce sur l’ensemble du territoire », alors que jusqu’ici, l’entreprise n’est implantée commercialement que dans le nord-est du pays (soit 10% du marché global). Huishian continue également de vendre du lait cru à d’autres groupes laitiers comme Yili.
 
Une opération qui n’est pas une première
Signe des temps, Huishan, dont le siège est basé aux îles Caïman, est la troisième entreprise de produits laitiers à faire son entrée à Hong Kong, après Modern China et Mengniu Dairy. Selon une étude de Frost & Sullivan, publiée par Huishan, le top cinq des entreprises laitières du pays ne représente que 2,4 % du cheptel chinois (18,3 millions de vaches). Les autorités chinoises planifient la réduction le nombre de fabricants de laits infantiles de 200 à 50 d’ici 5 ans. En 2018, les 10 premières entreprises locales devront détenir 80% du marché intérieur, selon le plan gouvernemental. Trois à cinq groupes dépasseraient alors les 5 Md RMB de CA (817 M€). Accessoirement cette opération a permis à son dirigeant Yang Kai de devenir milliardaire. Il avait débuté sa carrière en 2002 comme directeur général de l’ex-laiterie d’Àtat de Shenyang et a créé Huishan Holding, en 2008, avec des investisseurs, juste après l’affaire du lait contaminé.
Il détient 49,7% de l’entreprise à l’issue de l’opération. Un autre milliardaire, Cheng Yu Tung , qui a fait fortune dans la bijouterie (avec l’empire Chow Tai Fook) conserve une participation d’une valeur d’environ 460 M $ et soutient également le projet. Preuve que les investisseurs parient sur une consolidation de la filière, caractérisée aujourd’hui par la présence de nombreux petits propriétaires et par le rôle joué par les intermédiaires (pour le ramassage du lait et la logistique).

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