À l’occasion de la remise d’un rapport provisoire le 12 juillet, la mission d’information du Sénat sur la gestion durable de l’eau a demandé davantage de financements pour mettre en œuvre une « politique de l’eau ambitieuse », soulignant les nouveaux défis liés à la sécheresse et à la pollution. À cet égard, le Plan eau annoncé par le président de la République fin mars a été jugé « insuffisant » par Hervé Gillé (SER, Gironde), rapporteur de la mission. Il estime notamment qu’il faudrait « doubler » les 475 M€ prévus pour les Agences de l’eau chaque année si l’on souhaite « aller vers des trajectoires performantes ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Parmi les défis relevés par la mission d’information figure notamment l’agriculture, située « en première ligne ». « En France, l’agriculture représente 10 % des prélèvements dans les milieux, mais 57 % du total des consommations. Ce chiffre peut s’élever à 80 % en été », rappellent les sénateurs, tout en soulignant qu’il n’existe « pas d’agriculture sans eau ». La mission met notamment en avant l’irrigation, qui « contribue grandement à la régularité de la production agricole et donc à la performance économique des exploitations ». Pour l’heure, l’irrigation ne concerne qu’une part réduite des surfaces exploitées en France avec 6,8 % de la surface agricole utile (SAU) irriguée, selon le rapport. Mais depuis dix ans, la part des surfaces agricoles irriguées a progressé de 14,6 %, selon l’association France Nature environnement. Revenant sur la question des réserves d’eau de substitution – appelées bassines par ses opposants –, la mission appelle à « sortir de l’impasse ». Elle écarte l’idée d’un moratoire, mais invite à « remettre les gens autour de la table ».