L'Italie regorge de diversité dans ses productions agricoles. Lors d'une conférence organisée par l'Association française des journalistes agricoles (Afja) à Milan le 30 avril, le conseiller agricole de l'ambassade française en Italie a rappelé qu'elle est « la championne des appellations ».
« L'Italie est la championne des appellations », a affirmé Bruce Huet, conseiller agricole de la mission économique de l'ambassade de France en Italie, le 30 avril à Milan. Selon la Commission européenne, le pays enregistre 193 appellations en 2010 quand la France en compte 170. Les fruits et légumes, la charcuterie et les fromages détiennent à eux seuls 174 qualifications. La tendance est à l'augmentation puisqu'en 2005, le pays enregistrait 145 indications géographiques. En valeur, le marché est fructueux. Selon la Commission européenne, en 2005, la valeur totale des ventes est de 4,7 milliards d'euros contre 6 milliards d'euros en 2010. À titre de comparaison, la France vendait pour 3 milliards d'euros de produits sous indications géographiques en 2010. Par ailleurs, le marché national italien absorbe une grande partie de ces productions de qualité : 4,1 milliards d'euros de productions sont vendues en Italie. Mais la part exportée reste élevée si l'on compare avec les exportations françaises de produits d'appellations. En Italie, 30% en valeur des produits d'appellations sont exportés. La France, elle, n'exporte que 7% en valeur de ces produits d'appellations.
Une agriculture de montagne
Cette branche de l'agriculture est italienne est fortement ancrée dans l'identité du pays. Brice Huet rappelle qu'un tiers de la surface agricole utile est en zone de plaines. Le reste est partagé entre zones montagneuses et de collines. Par ailleurs, le nombre de fermes est de 1,6 million. Les exploitations agricoles sont très majoritairement familiales. Elles sont aussi de petite taille. 50% d'entre elles ont moins de 2 hectares. Les productions principales sont les fruits et légumes : tomates, agrumes, choux… En élevage, 80% des jeunes bovins sont importés de France. « La tendance est à la baisse. Pour 2014-2015, les experts misent sur un peu moins de 900 000 têtes. »
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L'Italie, offensive à l'export
Forte de la diversité de ces appellations d'origine, l'Italie n'a pas froid aux yeux sur le marché mondial. Antonio Boselli, président du syndicat agricole majoritaire Confragricoltura Milano-Lodi, ne mache pas ses mots : « Je suis favorable au Tafta (accord de libre échange transatlantique) ». Par ailleurs, Antonio Boselli insiste : « Une utilisation correcte des OGM signifie moins d'engrais. Je suis favorable aux OGM ». Et d'ironiser : « Nous ne pouvons pas les cultiver, mais nous pouvons les importer… ».
Au-delà du thème, les interrogations subsistent sur le devenir du Pavillon France dont le coût s'élève à 30 millions d'euros, l'un des moins chers de l'Expo, rappelle Stéphane Le Foll. 20 millions sont apportés par l'Etat. Le reste est financé par les collectivités et les partenaires. Après Milan, l'objectif est de vendre le pavillon. « J'aimerais qu'il reste en France », ajoute Laurent Fabius. Le jour de l'inauguration, des manifestants du réseau citoyen No Expo s'étaient regroupés dans Milan pour exprimer leur opposition à l'évènement et dénoncer le gaspillage d'argent public.