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L’Italie veut interdire la viande in vitro

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Un projet de loi du 28 mars vise à interdire la production et la vente d’aliments de synthèse et notamment la viande in vitro sur le sol italien. Le même jour, de la viande de mammouth cultivée était présentée à Amsterdam.

Le gouvernement italien a adopté, le 28 mars, un projet de loi visant à interdire la production et la vente d’aliments de synthèse et notamment la viande artificielle. En conférence de presse, le ministre de la Santé Orazio Schillaci avance « le principe de précaution ». Selon lui, « il n’existe pas de preuves scientifiques » excluant « de possibles effets nocifs liés à la consommation d’aliments de synthèse ». En l’état actuel, le projet de loi prévoit que la production et la vente de ces aliments seraient passibles de plusieurs types de sanctions, notamment des amendes allant de 10 000 € à 60 000 €. L’interdiction des aliments in vitro est soutenue par la principale organisation professionnelle agricole italienne, Coldiretti. « L’Italie, qui est un leader européen en matière de qualité et de sécurité alimentaires, a le devoir d’être à l’avant-garde dans les politiques alimentaires pour défendre les citoyens et les entreprises », a affirmé son président Ettore Prandini, cité dans un communiqué.

L’organisation d’industriels Agriculture cellulaire Europe réplique dans un communiqué que l’autorisation de l’Efsa, nécessaire à tout nouveau produit souhaitant entrer sur le marché européen, est « considérée comme le meilleur standard en sécurité alimentaire ». Par conséquent, le projet de loi italien « n’est pas nécessaire étant donné que les consommateurs italiens et européens seront assurés que, une fois approuvés par la Commission européenne, les produits cultivés seront sûrs ». Pour le moment, aucune demande de mise sur le marché pour des produits animaux in vitro n’a été déposée dans l’Union européenne. D’après un rapport du Sénat français à paraître sur le sujet, ce type de produit ne devrait pas apparaître dans les rayons avant 2025.

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Viande de mammouth à Amsterdam

Le même jour, la start-up australienne Vow présentait au musée des Sciences d’Amsterdam aux Pays-Bas, une boulette de viande de mammouth laineux cultivée en laboratoire. Des gènes d’éléphant d’Afrique, parent vivant de l’espèce éteinte, ont été utilisés pour combler certaines lacunes de la séquence d’ADN de la myoglobine du mammouth (protéine présente dans les muscles). Les mammouths laineux ont disparu il y a environ 4 000 ans. « Nous avons choisi la viande de mammouth laineux car c’est un symbole de perte, anéanti par les précédents changements climatiques », a déclaré à l’AFP Tim Noakesmith, co-fondateur de Vow. « Nous faisons face à un sort similaire si nous ne faisons pas les choses différemment, comme changer des pratiques telles que l’agriculture à grande échelle et notre façon de manger », ajoute-t-il. La viande cultivée par Vow doit encore passer des tests de sécurité avant de pouvoir être consommée.

Des amendes allant de 10 000 € à 60 000 €