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Litige Airbus-Boeing : suspension des droits de douane

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Les vins et spiritueux français étaient taxés à 25% à leur arrivée sur le marché américain. La suspension des taxes pour quatre mois laisse le temps aux Etats-Unis et à l’Union européenne de négocier.

Les professionnels du vin et des spiritueux français vont pouvoir bénéficier d’une suspension des droits de douane de 25% infligés par l’administration Trump. Mais seulement pour une période de quatre mois. Ainsi en on décidé le nouveau président américain Joe Biden et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen le 5 mars. Cette annonce a été faite à l'issue d'un échange téléphonique entre les deux dirigeants, leur premier entretien officiel depuis la prise de fonction du président démocrate. « Cela permettra à l'UE et aux Etats-Unis d'alléger le fardeau de leurs industries et de leurs travailleurs ainsi que de concentrer leurs efforts sur la résolution de ces différends de longue date à l'OMC », selon le communiqué commun. L'objectif est de « parvenir à une solution négociée, globale et durable aux différends aéronautiques », est-il ajouté. Cette annonce, au lendemain d'un accord similaire entre Londres et Washington, a été accueillie avec soulagement à Paris. « Enfin, nous sortons de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l'Europe, qui ne fait que des perdants », s'est ainsi félicité le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. « Je me réjouis pour nos viticulteurs français », a-t-il ajouté, alors que ces derniers ont fait les frais d'un conflit qui ne les concernait pas.

Perte de 500 M€ pour la filière

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La taxe de 25% imposée en octobre 2019 par les Etats-Unis, premier marché pour les vins français, a coûté 500 millions d'euros à la filière en 2020. Une taxe ensuite étendue au cognac et à l'armagnac par Donald Trump en janvier 2021, juste avant de quitter la Maison blanche. Cette trêve « va apporter un soulagement (...) aux exportateurs qui, depuis 18 mois, subissent ces taxes injustes issues d'un conflit qui leur est étranger », a réagi la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) dans un communiqué. Même satisfaction du côté du Bureau national interprofessionnel du cognac : « On a le sentiment que nos craintes ont été prises en compte et on espère que tout sera mis en œuvre pour sortir de cette situation absurde », a réagi Raphaël Delpech, son directeur général.

« Cette suspension qu'on demandait depuis des mois était attendue (...) Il faut que dans les quatre mois le dossier soit réglé sur le fond et que la filière viticole ne soit plus l'otage d'un conflit qui n'est pas le sien », a pour sa part commenté Jérôme Despey, secrétaire général du syndicat agricole majoritaire FNSEA. Il a rappelé la demande de la filière de voir l'Union européenne « réparer le préjudice que le secteur des vins et spiritueux a subi depuis un peu plus d'un an », par le biais d'un fonds de compensation. « Pendant cette période, la France a perdu des parts de marché au profit des Italiens et d'autres pays extra-communautaires, parce que les 25% des droits de douane supplémentaires nous sortaient du marché », a souligné Jérôme Despey, également président du conseil spécialisé viticulture de France AgriMer, organisme semi-public chargé des marchés agricoles.