Ils n’étaient pas moins de cinq dirigeants de syndicats ou organisations professionnelles (1) pour dénoncer ce jeudi 11 avril, devant la presse, les pratiques de la grande distribution pour qui « les négociations ne sont plus qu’un simulacre ». Alors que vont s’engager les débats sur le projet de loi sur la consommation, ils en appellent aux pouvoirs publics pour que les distributeurs honorent les engagements qu’ils ont pris, jusqu’au plus haut niveau de l’État, pour faire appliquer strictement la loi existante, tout en y apportant des précisions pour qu’elle ne soit pas dévoyée et que des sanctions appropriées soient incluses pour les contrevenants. Les agriculteurs, ont répété les présidents de la FNSEA et de Coop de France, n’entendent pas jouer le rôle de variable d’ajustement pour la défense du pouvoir d’achat et être montrés du doigt comme ceux voulant assommer le consommateur.
La réunion de ces cinq organisations pour tirer la sonnette d’alarme à la veille de l’ouverture des débats sur le projet sur la consommation qui sera présenté par Benoît Hamon, a une forte valeur symbolique, a immédiatement prévenu Jean René Buisson, président de l’Ania. « Il ne s’agit pas d’un simple mouvement de mauvaise humeur, mais d’une réelle colère après la clôture des négociations commerciales annuelles qui se sont tenues dans un climat épouvantable. On ne peut même plus parler de négociations, mais d’un simulacre ». Et de stigmatiser des distributeurs qui se sont refusés catégoriquement à des hausses de tarifs, voulant reconduire tout simplement ceux de l’année précédente. Ils ont également refusé d’accorder des contreparties aux réductions de prix imposées aux producteurs. Ils exigent en sus des compensations de marges, quand ils réalisent qu’ils sont contraints de vendre moins cher que prévu, mais ne veulent pas en supporter le coût. Enfin, fait nouveau et inquiétant, ils arrivent à connaître les prix obtenus par leurs concurrents et demandent un alignement sur le moins-disant. « C’est donc un front commun contre ces dérives qu’il faut établir pour faire que la loi soit appliquée afin que les engagements pris soient précisés et respectés », a affirmé Philippe Mangin, président de Coop de France.
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