Afin d’obtenir l’étiquetage du mode d’abattage des animaux (avec ou sans étourdissement), l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA) a relancé une offensive juridique, indique-t-elle dans un communiqué le 10 juin. « L’OABA a décidé d’introduire un nouveau contentieux devant le Conseil d’État et éventuellement de saisir la Cour européenne des droits de l’homme », explique son directeur Frédéric Freund dans une vidéo. Le 19 février 2020, l’ONG a « mis en demeure l’État français » d’appliquer l’arrêt de la Cour de justice de l’UE du 26 février 2019. Cette décision exclut les viandes issues d’abattages rituels (sans étourdissement) du label bio. « Le ministère n’ayant pas répondu à cette demande, l’OABA a déféré ce refus implicite à la censure du Conseil d’État », explique le communiqué.
Depuis plusieurs années, l’ONG dénonce la « complémentarité des circuits de distribution », autrement dit le fait que les viandes halal et casher « qui ne trouvent pas preneurs sur ces marchés confessionnels sont dirigées vers le marché conventionnel sans aucune mention informative ». Cette pratique, « avalisé[e] par nos gouvernements successifs depuis de nombreuses années, constitue une atteinte majeure à la liberté de conscience des consommateurs », s’insurge l’OABA.
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En parallèle, l’association a lancé une campagne de mobilisation des citoyens. Menée sur le site factio.org, cette campagne a recueilli, au 11 juin, 5 500 signatures et donné lieu à plus de 19 000 « alertes aux élus ». Les parlementaires « pourraient parfaitement pallier l’incurie du gouvernement », suggère l’OABA, en votant la proposition de loi (PPL) déposée le 24 mars par la députée Claire O’Petit. L’élue LREM de l’Eure propose de recueillir obligatoirement l’autorisation de l’éleveur d’un animal avant son abattage rituel. Sa PPL prévoit aussi d’apposer sur les carcasses un « signe distinctif précisant que l’animal a été abattu selon le procédé dérogatoire rituel ». D’après un sondage Ifop pour l’OABA (1), 80 % des répondants sont favorables à un étiquetage permettant d'« informer le consommateur sur le mode d’abattage ».
(1) Sondage réalisé en ligne auprès de 1 003 personnes les 26 et 27 mai 2020.